(...) De bons récits donc, intelligents et sensibles (même si parfois anecdotiques aussi, en tout cas en ce qui concerne « Petits arrangements intra-galactiques », même si cette dernière s’avère plutôt drôle). Mais ce n’est rien comparé à la beauté et la profondeur de « L’opéra de Shaya ». L’histoire de cette jeune femme qui n’arrive pas à s’insérer dans des sociétés tantôt trop strictes, tantôt trop destructrices est vraiment superbe, je ne serais pas étonné de la voir couverte de prix. Lorsqu’elle entend parler de Shaya, cette planète ou tous les êtres vivants sont en totale empathie, elle n’a qu’une hâte : s’y installer. En dire plus serait sans doute criminel, tant l’intérêt de ce texte est de découvrir la planète en même temps que So-Ann, et de découvrir la finesse de la plume de Sylvie Lainé qui nous emmène sur ce monde étrange et nous fait ressentir toutes sortes d’émotions. Sachez seulement que l’auteure mène son récit de main de maître et parvient à transformer l’atmosphère très délicatement, passant de l’émerveillement à… autre chose ! Lisez, c’est vraiment magnifique.
Et enfin, le recueil se termine par une petite interview de l’auteure par son ami Jean-Marc Ligny, intéressant mais certainement trop court. Trop court à l’image du recueil sans doute, qui offre un goût de trop peu. La qualité est là, c’est l’essentiel (lisez « L’opéra de Shaya » !), mais avec une telle qualité, on a vraiment envie d’avoir un peu plus que 150 pages de nouvelles.