J'avais déjà lu un livre d'Olivier Paquet, Le jardin d'hiver, et ça ne m'avait déjà pas trop plu. Mais considérant que les auteurs peuvent évoluer, j'ai donc réessayé avec cet Ost céleste.

Et j'aurais aussi bien pu m'abstenir.

L'ost céleste, c'est de la science-fantasy politique.

Argh!

Mais non attends, il y en a des biens, des livres de science-fiction politique, rappelle toi Les Seigneurs de l'instrumenta....

Mais non, ici on est dans les traditionnels manoeuvres façon échiquier, avec des personnages qui calculent des actions dont le lecteur n'a que faire, parce que c'est bien connu, le politicien chevronné est un calculateur hors pair. Sauf à l'assemblée nationale en France donc, où on lui demande plutôt de savoir imiter le singe. Chacun ses coutumes.

Pourquoi les auteurs ont-ils donc l'idée saugrenue que des tractations sans fin sont passionnantes?

Ah oui. Dune. Bien sûr.

Sauf que chez Herbert, on nous donne aussi les pensées que les personnages gardent par devers eux, ce qui fait qu'on comprend ce qui se passe réellement. Et du coup, on se retrouve avec un univers énorme qu'on a pourtant l'impression de saisir parfaitement. On appelle ça un coup de maître.

Ici, ça n'avait donc aucune chance de fonctionner. L'univers est aussi creux que mal développé. On se retrouve dans une sorte de Venise de fantasy (tiens donc). Il y a des enjeux religieux, économiques, politiques, dont aucun ne sera propre à passionner, parce que tous sont plus ou moins traités sur le même mode : l'exposition clinique par les personnages des problèmes. Immersion garantie (ou pas).

Et le récit de se traîner péniblement vers une résolution qui lorgne du côté de trucs déjà existant, et souvent mille fois mieux.

Mais heureusement, L'ost céleste, ce n'est pas un banal roman de science-fiction à deux sous. Non, parce que notre auteur prétend avoir du style.

Il essaie. Mais tout ce qu'il parvient à faire, c'est à rendre son écriture pas fluide du tout. Allez, un petit exemple de prose?

"Tous les employés avaient été renvoyés chez eux, à l'exception de ceux affectés à la protection des registres ; même les chefs comptables habitués aux heures supplémentaires avaient dû s'éclipser. Le silence se faufilait dans les étages, fermant les portes, chassant les domestiques. Seul le crépitement des torches aux murs apportait un peu de vie dans les couloirs. Dans ce désert suspect, il ne restait plus qu'un garde devant une porte à double battant, (...)"


Ah oui, c'est beau. Quel plaisantin ce silence, quand même, à se faufiler partout pour fermer les portes. Et puis c'est quoi ce désert suspect? Je croyais que c'était une banque, pourquoi l'heure de la fermeture la rendrait suspect?

Un truc comme ça, d'un auteur débutant, je veux bien l'accepter, mais là on ne parle pas d'un passage isolé, il y en a d'autres, et c'est quand même son onzième roman! Sans parler des propositions étrangement inversées pour faire du style, des classiques fautes de concordance de temps et autres.

Le constat est sans appel, Olivier Paquet est nul pour l'écriture. Plutôt gênant, pour l'auteur de onze romans. Et cela ne plaide pas pour le sérieux des éditions atalante, que j'aime bien quand même parce que je leur dois certaines de mes plus belles découvertes du genre. Mais là : est-ce que quelqu'un a relu ce texte?

En conclusion, je dirai que le manque de style n'est pas forcément rédhibitoire : simplement, tu n'as pas de style? Sois efficace s'il te plaît.


Bref j'ai déjà trop écrit, là où j'aurais pu me contenter d'un "c'est nul, passez votre chemin". Je laisse le dernier mot au silence.

Je lui demanderai juste de bien vouloir fermer la lumière et la porte derrière lui.

Merci d'avance.

Créée

le 1 mars 2026

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BigDino

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