- Édition lue : publiée en avril 2018 aux éditions Pocket. Traduit de l'américain par Guy Abadia. EAN : 9782266285667.
Résumé
La suite très décevante d'un premier volet déjà médiocre.
Détails (et spoilers)
Assez faible en enjeux et trainant en longueur, le premier volet du Cycle d'Hypérion m'avait déjà laissé un goût amer. Mais que dire de ce second volet qui ne m'a jamais captivé. Plus de 700 pages qui alternent les points de vue pour un résultat qui manque cruellement de pertinence. Dès le départ, des dizaines de pages recontextualisent une situation pourtant amplement décrite dans le(s) premier(s) tome(s), peinant dès lors à faire redécoller le récit. Je salue l'utilité de ce genre de procédé pour les personnes ne se souvenant pas de tout ce qui précèdent, mais il y avait plus synthétique, et surtout plus dynamique, à faire.
Pire, La Chute d'Hypérion ne proposera jamais un trame haletante puisque la narration est sans cesse découpée pour faire croire à des avancées diégétiques toutes relatives. Les évènements de ce second volet sont globalement secondaires et ne comportent qu'un faible intérêt en ce qui me concerne. En effet, l'opposition philosophique entre humains, extra terrestres, et intelligences artificielles me parait d'une part assez basique, mais surtout tristement sous utilisée. Le fameux gritche n'est qu'une sorte d'adversaire métaphorique qui incarne parfaitement ce que peut être le pétard mouillé dans une production de ce type. Par ailleurs, les visions politiques seront fréquemment noyées dans un flot de considérations bassement philosophiques et dans une guerre ennuyante au possible, surtout quand le texte de Dan Simmons se perd dans un jargon pseudo futuriste qui finit par épuiser.
Pire, cette histoire déjà peu prenante se complait régulièrement dans des parallèles religieux plus ou moins explicites qui ne font que confirmer la vacuité du propos général. De plus, le rapport à la religion est assez ambigu, notamment aux pages 677-678, qui empestent la valorisation -à peine assumée- du sionisme. Enfin, si les références poétiques pourront toucher certains, elles ne sont, pour ma part, qu'une insertion esthétique visant à étayer à peu de frais la crédibilité littéraire d'un ouvrage qui n'en a que très peu.
Un cycle de science fiction qui restera donc dans ma mémoire comme l'un des plus pénibles et inintéressants à lire, malgré un premier volet parfois agréable.
3.25/10.