Lorsqu’il a descendu les poubelles sur l’injonction de sa femme, Jacques était loin de s’attendre à une telle surprise : parmi les ordures plus ou moins ensachées, un bébé vivant ! Le temps de mobiliser les secours et l’enfant sera sauf, mais l’histoire loin d’être finie.


Pourtant le prologue nous avait donné quelques indices : un accouchement brutal,  sauvage, dans ce qui paraît être une grande solitude…


A partir d’un fait divers réel, en 2023, Mathilde Beaussault construit une fiction qui permet de se un certain nombre de questions. 


On découvre la détresse d’une jeune fille, Monroe, pas encore majeure, à quelques mois près. Sa mère choisit immédiatement de l’éloigner et c’est une sorte de lune de miel lors de ce parcours calamiteux, puisqu’elle va passer une partie de sa grossesse avec sa grand-mère, dans un univers chaleureux et entourée de beaucoup d’affection et d’attention. Malheureusement, d’autres événements viendront interrompre ce répit.


Les personnages ne sont pas manichéens, la grand-mère et la mère sont elles-même prisonnières  d’un milieu  et héritières d’une éducation qui n’avait pas de base solide ni de but vertueux avoué.


On comprend rapidement le lien entre la jeune fille et le bébé mais l’intrigue révélera peu à peu qui est responsable de quoi, et c’est une affaire bien plus complexe que ce qu’on pouvait supposer. De quoi faire cogiter le commissariat de police du boulevard de Bulgarie à Rennes, qui ne croit pas trop à la version de la mère de Monroe : 


« Son chien a bouffé le corbeau qu'elle a ramené du rocher. Je lui avais dit de ne pas rapporter ça, mais Monroe, elle en fait qu'à sa tête. Elle vous regarde de haut comme si elle était meilleure que vous. Résultat des courses, elle était enceinte et elle a jeté son gosse à la poubelle. »

Ce roman me touche à plus d’un titre, mais en premier lieu par ce je connais plutôt bien le cadre de l’intrigue pour avoir travailler environ trente ans dans les locaux de la maternité de l’hôpital sud où déroule une partie de l’action. (Comment résister à l’envie d’identifier les personnages !…)


Mais j’admire aussi l’art de créer de la fiction, et une fiction bien ficelée, crédible, et ensorcelante. Sans parler des dialogues, plus vrais que vrais, on a l’impression d’assister en live à l’interrogatoire du diable de cette affaire


Un deuxième roman qui confirme le talent détecté lors de la parution du premier roman de l’autrice Les Saules. 


Kittiwake_
9
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le 27 mars 2026

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