La conjuration primitive, c'est mon premier Chattam (j'avais déjà lu une nouvelle de lui dans "13, à table!"). J'avais entendu dire que son truc, c'était les romans très sombres, qui allaient jusqu'au bout de la violence au point de parfois devenir insoutenable. Je frissonnais d'avance à l'idée d'entamer son roman.
Mais finalement, si en effet on plonge profondément dans la violence, dans le mal, dans la souffrance, cela reste un thriller assez classique, à l'image de ce que fait Frank Thilliez qui lui aussi aime bien travailler sur ce thème (il a fait une trilogie sur la violence).
Chattam a un style direct, efficace, facile à lire, imagé et très cinématographique. L'idéal pour un polar! L'intrigue, quant à elle, est vraiment bien fichue. Les rebondissements sont nombreux et vraiment inattendus, surtout celui qui arrive au tiers du livre (couillu, le Chattam, de faire ce qu'il fait
tuer le personnage principal
!), et bien sûr le rebondissement final au Canada, qui personnellement m'a vraiment bluffé.
J'ai aussi aimé le côté visionnaire de Chattam, qui développe une idée selon laquelle les déviants du monde entier sont de plus en plus nombreux car la société a créé des normes de vie strictes et rejettent brutalement ceux qui par nature s'en éloignent. Quand on voit ce qui se passe avec l'Etat islamique, on peut se demander si les tarés de la planète n'ont pas trouvé un cadre à leurs déviances.