Alors, dans la série "peut-être PAS les MEILLEURS romans de vampires", mes yeux sont tombés ce matin sur ce Vampyria 1 offert aux passants comme un enfant malvenu abandonné dans une boite d'offrandes au pied de l'église d'Eupatoria.
Pensant à la liste de Soleil noir :
https://www.senscritique.com/liste/les_meilleurs_romans_de_vampires/4372441
je l'ai pris et ramené chez moi pour le lire aussitôt, par curiosité...
Le concept : Louis XIV, ne supportant pas de vieillir, de perdre la vie un jour et de renoncer au pouvoir absolu, a réussi à devenir vampire
( sauf que l'auteur écrit "vampyre" comme dans l'Ancien Temps. Il écrit aussi "roy" et "reyne", mais rassurez-vous, tout le reste est en langue françoise moderne, ouf ! ).
Le roi a été imité par la noblesse de cour, de sorte qu'à part quelques nobliaux de campagne, presque toute l'aristocratie est devenue vampyre, en France et dans les pays alentour - sauf qu'on ne dit plus France on dit Vampyria.
Et, depuis plus de 3 siècles, cette aristocratie vampyre maintient le royaume dans un état de servitude d'Ancien Régime ( 1715 + 300 ans environ, ça fait 2015 environ, à peu près la date d'écriture - parution en 2020 - c'est donc une distopie vampiresque ).
En vous disant ça, je n'ai rien divulgâché, tout ça est expliqué tout de suite, Victor Dixen ( c'est un vrai nom ça ? ) ne nous laissant pas le découvrir peu à peu - ce n'est pas ce genre de livre.
C'est plutôt le genre "simple".
Voire "très simple".
L'auteur surfe sur la mode qu'il y a eu d'aventures de jeunes filles débarquant à Versailles, découvrant la cour et ses intrigues, les jardins et fontaines, les méchants courtisans, les domestiques, les secrets et complots, les fausses identités et les révélations, les jalousies, la fascination pour le "sexy" monarque tout puissant amateur de chair fraîche, les belles robes, les danses et la cuisine française, vous voyez, toute cette littérature "jeunesse" ? Voilààààà.
Vous prenez ça, vous arrosez de sauce "vampyre", vous touillez - mais pas trop pour que ça reste très lisible, écrit gros, dans un français bienveillant ( c'est à dire qui ne donne pas au lecteur l'impression d'être plus bête que l'auteur ), par prudence vous composez chaque phrase avec application pour éliminer toute ambigüité ( votre lecteur n'aime pas se poser des questions, il veut être sûr de comprendre à 100% tout ce qu'il lit, au fur et à mesure et surtout pas en y réfléchissant à posteriori ), par sécurité vous réexpliquez de temps en temps ce que vous avez écrit quelques lignes plus tôt, vous n'oubliez pas les rebondissements, les sentiments - mais super convenus, hein, et surtout sans avoir la cuistrerie d'installer des profondeurs psychologiques = contrat rempli.
...Dixen s'est un peu renseigné sur l'époque et le contexte, pour faire genre, mais niveau réalisme c'est Emily in Paris ou Fantomette ( prenez la ref qui vous parle ).
J'ai refermé le livre quelques heures après, à la moitié, l'auteur n'étant pas parvenu à me donner envie de savoir comment ça finit, et en le remettant dans la boite sur le trottoir, comme on rapporterait un nourrisson en mode "non dsl tout bien réfléchi je ne l'adopte pas", j'ai remarqué sur le dos de couverture : à partir de 13 ans.
Ok, mais jusqu'à 14 ans seulement alors.
Créneau étroit.