8
le 17 sept. 2018
SuivreMultiplication des doubles
Peter Stamm ne fait pas partie de ces auteurs qui tiennent leurs lecteurs en laisse ou en otage, comprenez par là qu'il n'impose pas une intrigue mais qu'il la conduit avec un certain flou qui...
Peter Stamm ne fait pas partie de ces auteurs qui tiennent leurs lecteurs en laisse ou en otage, comprenez par là qu'il n'impose pas une intrigue mais qu'il la conduit avec un certain flou qui autorise plusieurs interprétations et suscite avant tout la réflexion. Depuis L'un l'autre, l'auteur suisse semble avoir ajouté une nouvelle nuance à sa palette, jusqu'alors assez mélancolique et grave, celle du fantastique. Il serait d'ailleurs difficile de donner un résumé fidèle de La douce indifférence du monde tant cette histoire semble prendre constamment des échappatoires, au large du réalisme. Il y est question d'un homme, jamais remis d'une rupture amoureuse avec une comédienne, qui croit la reconnaître sous les traits d'une jeune femme, 20 ans plus tard. Ce n'est qu'un des aspects d'un récit où la notion de double se multiplie et où le narrateur (écrivain d'un seul livre) se demande si la vie qu'il croyait être la sienne se joue à nouveau avec d'autres personnages et même si l'a vraiment vécue, cette existence. Et si tout le livre n'était que la divagation d'un vieil homme ? Au jeu des si, le lecteur ne peut qu'éprouver un vertige délicieux que le style toujours aussi élégant de Stamm rehausse encore. Contrairement à la plupart des romans qui méritent d'être lus en plusieurs fois, pour les laisser infuser, La douce indifférence du monde doit se dévorer de bout en bout sans interruption pour s'imprégner du caractère très particulier de son onirisme et de son inaltérable tristesse. C'est ensuite que vient le temps de l'assimilation et d'une herméneutique spécifique à chaque lecteur. En définitive, une seule chose est évidente, Peter Stamm est un grand écrivain.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Mes livres de 2018 et Les meilleurs livres de 2018
Créée
le 17 sept. 2018
Critique lue 209 fois
8
le 17 sept. 2018
SuivrePeter Stamm ne fait pas partie de ces auteurs qui tiennent leurs lecteurs en laisse ou en otage, comprenez par là qu'il n'impose pas une intrigue mais qu'il la conduit avec un certain flou qui...
6
le 28 mai 2023
SuivreDepuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...
8
le 25 août 2021
SuivreIl est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...
8
le 25 sept. 2021
SuivreEnfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème