Un livre qu’il me tardait de lire pour deux raisons assez évidentes...

Je travaille tous les jours sur Internet, et depuis les débuts d’Internet je l’ai dans les mains. C’est clairement, à mes yeux, l’une des plus belles créations de l’humanité. C’est quelque chose qui nous rassemble, brisant les frontières, et qui permet toutes sortes d’interactions inédites et inhérentes à cette plateforme. C’est un outil qui a révolutionné nos vies, qui continue de le faire et qui continuera de le faire !

Au-delà de tout ça, j’ai toujours eu beaucoup d’amour pour Wikipédia. Je payais d’ailleurs chaque année 2 € pour permettre au site d’assurer ses frais, et je le faisais avec plaisir puisque j’aimais me perdre sur certaines pages. Ça me faisait découvrir énormément de choses, et c’est une source d’inspiration terrible dès que vous voulez créer quoi que ce soit !


Alors, j’avais entendu parler de dérives idéologiques, tout comme j’avais entendu parler de batailles d’édition. Le fait qu’une page change en permanence, puisque untel n’est pas d’accord avec l’autre, et donc que ça va se faire un petit peu la bagarre sur des informations.

À mes yeux, le problème est plus philosophique que logique, puisqu’il s’agit là de se battre pour la vérité.

La vérité, c’est le but de tout philosophe, mais en même temps tout philosophe sait qu’il n’atteindra jamais la vérité. L’Histoire, avec un grand H, est d’ailleurs impactée par tout ça, puisque l’on peut faire passer Napoléon pour la pire des ordures, comme on peut le voir comme un modèle. Chacun fait dire un petit peu ce qu’il veut à l’Histoire, et donc forcément Wikipédia va en être l’un de ses vecteurs.


C’est extrêmement dommage, puisque la base du projet est très belle et très noble d'avoir cette idée d’encyclopédie participative. Et le livre dont il est question aujourd’hui en est un parfait miroir.


Toute la moitié de ce bouquin, je l’ai extrêmement appréciée, quand je pense que certains risquent d’être très déçus. Puisqu’il s’agit en fait d’une description de ce qu’est Wikipédia, avec son historique, son fonctionnement en interne et diverses petites anecdotes très croustillantes. Alors oui, c’est long pour rentrer dans le vif du sujet, mais je pense que c’est quelque chose de nécessaire. Même pour quelqu’un qui connaît Wikipédia, on ne peut pas passer outre toute cette présentation, qui, en plus d’être bien écrite, donne franchement envie de se perdre sur le site tout en partageant un avis très généraliste.

Cette synthèse me semble extrêmement utile, et j’apprécie clairement ce livre pour sa capacité à donner un panorama clair et accessible du dispositif Wikipédia, tout en soulevant justement ses limites et en parlant de manière très respectueuse de cette plateforme.


Michel Sandrin a une écriture vraiment top, très fluide. Je me suis perdu avec plaisir dans ses lignes. D’ailleurs, son expérience en tant qu’ancien contributeur confère une vraie légitimité à ses analyses, notamment lors de la deuxième partie, quand il parle des apports les plus saisissants concernant la démographie qu’il y a sur Wikipédia. Les statistiques semblent très sérieuses, et les analyses autour restent suffisamment nuancées pour convenir à tout type de lectorat.

Au final, il ne s’agit pas tant de lire qu’une secte idéologique s’empare de Wikipédia, que de le voir plutôt comme des dérives potentielles. Ce ton modéré et mesuré, je le valorise très clairement, car il évite l’écueil de la diabolisation systématique.


Du moins en partie…

Puisque, exactement comme on retrouve sur le site SensCritique, on a aussi des tonnes de défenseurs de leurs idéologies qui vont placer ce livre comme l’un des parangons de la diabolisation, sans même l’avoir lu. Et c’est extrêmement drôle, puisque ce n’est absolument pas le cas de ce livre !

Bien au contraire, j’ai l’impression qu’il s’agit là plutôt d’un bon déclencheur de débat médiatique et de débat sur nos sources d’informations.

Ce qui est déjà bien trop demandé, à des gens qui semblent avoir choisi leurs gourou géopolitologue, qui réfléchiront pour eux...


Donc, si on doit parler de politique concernant ce livre, c’est un livre qui va clairement titiller les gens qui sont trop à gauche, tout comme ça critiquera les gens qui sont trop à droite.

Mais c’est amusant de constater la censure et l’idiotie des gens qui vont noter ce livre sans l’avoir lu, des gens qui sont plutôt du bord de gauche.

Et ça, ce n’est pas le fait du livre, ce sont des comportements nauséabonds qui gravitent autour de ce média, donnant alors terriblement raison aux arguments avancés dans le livre concernant cette approche dogmatique ne voulant pas entendre la moindre contradiction.

Non, pas d’orientation anti-wokiste, juste une énumération de faits vérifiables, de comportements douteux, d’une gauche radicale. Juste des faits, j'insiste là dessus et ne pas pouvoir y faire face c'est un comportement plus que douteux...


J’aurais pu m’arrêter là et dire que ce livre est génial, mais ce n’est pas le cas, et j’ai quand même assez peu apprécié la deuxième partie…

Car là où je m’attendais à une enquête, je n’ai eu qu’un déroulé froid d’anecdotes sur telle et telle chose qui se passent, et j’ai trouvé ça assez peu agréable à la lecture.


Je trouve que l’approche, trop descriptive, manque de propositions concrètes. Certains défenseurs pourraient me dire que l’auteur mentionne d’ailleurs lui-même que l’ouvrage contient beaucoup d’éléments descriptifs et qu’il manque parfois des solutions opérationnelles ou des pistes d’action claires. Mais ce n’est pas suffisant à mes yeux pour pardonner ce manque. Je ne m’attendais pas à avoir des pistes d’amélioration potentielles, mais une véritable enquête, et clairement, pour ça, le titre du livre est très mal choisi !


Pour finir, je pourrais saluer le lexique à la fin, permettant d’inclure tout type de lectorat, même ceux qui ne sont pas coutumiers du site, voire même d’Internet. Ce qui est un sacré tour de force et un effort plus que bienvenu.

Mais ce que je retiens surtout de ce livre, c’est son ton très nuancé, à l’inverse de ce pourquoi il semble être critiqué, le rendant alors très agréable à la lecture, sans aucun biais personnel ou idéologique. Et ça fait vraiment plaisir de pouvoir consulter ce genre de livre, surtout quand ça tourne autour de thèmes aussi controversés.


Mais je garde quand même en tête cette froide énumération de faits collés les uns après les autres dans la deuxième partie, rendant la lecture très peu agréable et en tâchant le côté nuancé par quelque chose que j’estime peut-être un petit peu biaisé personnellement… Puisque, pour avoir un tel comportement, j’ai l’impression qu’on est vraiment face à un ou deux auteurs terriblement blessés. Blessés de manière tout à fait légitime, de ce que je peux en lire, mais rendant alors l’enquête et l’analyse bien moins humaines que ce qu’elles auraient dû être.

Une lecture intéressante, pas forcément indispensable, mais assez pour m'avoir fait le dévorer.

KumaCreep
6
Écrit par

Créée

le 16 oct. 2025

Critique lue 49 fois

KumaCreep

Écrit par

Critique lue 49 fois

6
7

Du même critique

L'École emportée

L'École emportée

9

KumaCreep

983 critiques

Mon manga d'horreur préféré!

Kazuo Umezu, si ce grand nom du manga trônant aux côtés d’un Osamu Tezuka ne vous dit rien, c’est avec joie que je serais votre guide. Cet immense artiste est au manga d’horreur ce que les Frères...

le 22 févr. 2018

Ōkami HD

Ōkami HD

3

KumaCreep

983 critiques

Le saint Okami ne m'aura pas conquit

J’ai pas tenu bien longtemps… Seulement 5h… Puis voici l’éternelle question, ais-je le droit de donner un avis car j’ai fait le choix de ne pas perdre encore 35h sur ce jeu? Je suis vraiment désolé,...

le 3 juin 2020

Regular Show

Regular Show

10

KumaCreep

983 critiques

Mordecai et Rigby, mes potes...

Y'a un truc que je trouve insupportable chez les gens de SensCritique... Je consomme beaucoup de produit culturel, donc je passe beaucoup de temps sur ce site et je lis aussi beaucoup de critique...

le 19 oct. 2018