À la suite de l’agression subie par Rune, la cadette des sœurs Olsen, la famille trouve refuge dans une maison de bois perdue au cœur d’une forêt profonde. Le récit plonge d’abord dans l’enfance des filles Olsen : Gerda et Rune. Le père, qui chérit particulièrement Rune, impose à Gerda le rôle de gardienne de sa sœur, et la moindre parole est prétexte à l’accuser. En parallèle, une enquête sur des disparitions de jeunes filles se déploie...
J’ai peiné à avancer, errant dans cette forêt en attendant que les sœurs grandissent et se libèrent… Puis, dans la seconde partie, l’histoire gagne en intérêt : les sœurs ont grandi, l’enquête reprend. Les révélations, pourtant, ne m’ont pas surprise, car elles se devinent assez facilement au fil des pages. Ce qui me déçoit, c’est de n’avoir ressenti aucun attachement pour ces sœurs, qui, vu leur passé, auraient dû éveiller ma compassion. Mais l’atmosphère du livre m’a semblé plongée dans une noirceur totale, chaque personnage habité par une once de folie. J’ai tiqué devant certains actes trop… faciles.
Cela dit, l’auteur aborde des thèmes durs et délicats (surtout dans la première partie), décrits avec justesse : la protection de l’aînée, choisie ou imposée ; la violence paternelle ; le désir meurtrier envers ce père ; l’envie, enfant, de fuir, de s’en sortir, d’aider sa fratrie à faire de même ; et cette figure qui justifie ses actes, Bible en main.
J’ai apprécié de poser le livre et savoir (pour moi c'est déjà fait) que certains se poseront la question finale : sommes-nous la somme de ce que nos parents nous ont enseigné, physiquement ou psychologiquement ? Peut-on y échapper, s’en libérer ?