L'ambiance feutrée et délicate de la grande bourgeoisie, oisive et sans esprit, est parfaitement rendue par l'écriture de Sagan. Dès les premières pages, un ennuie captivant s'offre au lecteur. Difficile ensuite de lacher le protagoniste, Vincent, qui découvre peu à peu le sens du mot "amour" dans la bouche de sa femme.
Sagan traite avec finesse et humour de plusieurs thématiques : l'argent (et surtout le déséquilibre de au sein du couple), la dépendence, la lâcheté, le laisser aller, l'absence d'ambition. Vincent navigue entre des instants de lucidité extrême et des pulsions destructrices. Car sa lucidité ne s'éveille que lorsqu'il est blessé ou menacé.
Ainsi, on sent poindre le drame sans savoir d'où il surgira. On sort tout bouleversé par "le charmant petit monstre" qu'est Sagan, ayant été emporté loin, très loin et jusqu'au bout, sans remous et sans heurts.