"Si tu manges sa langue, tu pourras parler le langage des oiseaux !"


Absurde. Mortel. Oui, bien sûr..

Et aussi dans chacune de ces propositions, chacun de ces univers ; l'impression d'être entouré(e) non plus d'êtres vivants mais de "corps vivants" (oiseaux - insectes - hommes - femmes)

Chacun semble vivre dans une légende complètement oubliée de lui-même et le corps s'ouvre alors d'impossibles voies nouvelles

Se déchire, se transforme, rompt ou s'agrège à l'environnement

Sans que l'on comprenne pourquoi, c'est un squelette à l'envers qui marche, qui abrite des crânes d'animaux et se fait voler des os pour les oisillons

(Et c'est aussi Job dans son dénuement extrême)

Ce sont des jambes qui s'allongent irrésistiblement au contact de l'eau ; est-ce une torture ou la délivrance qui est allée trop loin ?

Un homme dont rien ne dit la viscosité sinon son implacable estomac largement ouvert et à l'affut de tout ce qui traîne dans les trous ou les flaques

Et la vie continue..

A l'intérieur, l'araignée loup (communique avec ses pattes) tisse sa toile et tout ce qui rampe veut s'échapper (par le nez puis s'aspire à nouveau par la bouche)

Dans un autre corps (sans doute mort celui-là), ce sont des abeilles dont on a retiré le dard dans un entassement jusqu'au bord des lèvres

C'est l'organique qui est partout, qui dirige ; aussi parfois dans des styles épurés, moins végétaux

La perversité se balade tranquillement et réinvente ses crimes pour couvrir ceux qu'elle a déjà commis

Sur la route, avec un sanguinaire, parti loin, très loin à l'intérieur de son corps-pantin, en amassant d'autres comme une nourriture extra-terrestre

Une affaire dans une affaire dans une affaire où les notes, les consignes ont remplacé pour de bon les émotions

Enfin, ce sont des armes ; des haches de marque qui font rêver leurs possesseurs, des chargeurs et des munitions sans explication

Des viandes tranchées finement

Des trous dans la joue dont on explore les bords avec la langue


Tyresias
8
Écrit par

Créée

le 2 juin 2026

Critique lue 8 fois

Tyresias

Écrit par

Critique lue 8 fois

2
2

D'autres avis sur La Langue d'Altmann

La Langue d'Altmann

La Langue d'Altmann

8

MarianneL

944 critiques

Critique de La Langue d'Altmann par MarianneL

Ces mots en exergue de Julia Kristeva - «… de plus en plus sec, précis, fuyant la séduction pour la cruauté… » - accompagnent celui qui pénètre dans le monde implacable de «La langue d’Altmann»...

le 1 juin 2014

Du même critique

The Backrooms

The Backrooms

8

Tyresias

19 critiques

... à la découverte

Raser les murs dans un état de fascination avancé pour tout ce qu'on ne voit pas (ou pas encore) A l'affût, non pas du surgissement des créatures (qui sont là aussi pourtant) mais de chaque nouvelle...

le 7 juil. 2026

Peaux de vaches

Peaux de vaches

8

Tyresias

19 critiques

Critique de Peaux de vaches par Tyresias

"Peaux de vaches" Le titre, d'abord On se le prend un peu dans la gueule, comme le film (surtout le début, "in medias res", ou plutôt "dans la terre") On est à la campagne avec deux frères bien...

le 4 juin 2026

La Langue d'Altmann

La Langue d'Altmann

8

Tyresias

19 critiques

Critique de La Langue d'Altmann par Tyresias

"Si tu manges sa langue, tu pourras parler le langage des oiseaux !" Absurde. Mortel. Oui, bien sûr.. Et aussi dans chacune de ces propositions, chacun de ces univers ; l'impression d'être entouré(e)...

le 2 juin 2026