En fait c’est toujours pareil, le même style droit au but et efficace. Toujours rapide, toujours épique, toujours mystique, toujours sans s’embarrasser de détails.
Ça m’intéresse à des destins, ça me rend des personnages super stylés, ça baigne dans des valeurs combatives masculines d’honneur, de courage (d’habitude je trouve ça trop bêta bourrin pour même avoir un minimum de respect) tout en étant lucide sur le fait que la majorité mourra sans fanfare.
Bref, la recette il la maîtrise.
Ce qui m’a le + intéressée dans ce tome c’est que ça étaye la naissance de la figure d’Ulric, unificateur des Nadirs dont l’ombre a déjà plané dans plusieurs des bouquins précédents. Ce n’est plus une simple partie du décor qui ne sera jamais explicitée. C’est la première fois que j’ai un peu + senti de la consistance. "Ulric" est sorti à tort et à travers, il est bien dans ma mémoire et en même temps j’avais toujours ce truc de « c’est qui ce gars ? Je dois le connaître ? » et j’oublie si on a réellement eu l’occasion de le connaître ou non. Là, oui.
Et la fin...
Lorsque Talisman pète les pierres avec le marteau, que le chaman panique, que Gorkaï lui dit « Tes yeux... » et qu’il lâche un « Je sais. » j’étais comme une gamine « Pouaah quelle classe ». Et même en SACHANT, j’attendais solennellement la réplique suivante qui termine le livre en disant qu’il prenait son nom nadir et que ce serait Ulric.
Trop puissant et bien maîtrisé alors qu’ultra-classique.
Il m’a eue donc je vais occulter l’aspect un peu forcé dont cet épisode est imbriqué durant l'assaut sur Dros Delnoch raconté dans Légende. Techniquement ça se passe 30 ans avant Légende et quelques années après Druss la Légende mais est donc raconté durant le premier.
Pour introduire le récit le prologue reprend Druss en faction sur un mur de la forteresse dans Légende qui essaye de sympathiser et remonter le moral à un soldat et se propose de lui raconter l’histoire du Roi-Dieu gothir et des Yeux d’Alchazzar quand ils auront survécu à un nouvel assaut.
Pour finir le récit on comprend qu’il termine son histoire fasse au soldat désormais mort. On voit même brièvement Ulric (qui menait l’attaque contre Dros Delnoch et donc indirectement contre Druss) qui aura eu l’occasion de recevoir Druss sous sa tente. Druss qui n’aura pas reconnu en lui le Talisman au côté duquel il a combattu 30 ans plus tôt et dont il n’a jamais su la suite du destin.
C’est une bonne idée MAIS un peu grossier et peu satisfaisant. Parce que ce focus sur les remparts sort de nulle part et le fait que Druss ne le reconnaisse pas fait plutôt ressentir la contrainte qu’avait Gemmell de garder une cohérence entre son nouveau livre et l’ancien qui n’avait pas spécialement prévu de faire ce pont à la base des bases. Ça fait le travail mais ça reste comme un cheveu sur la soupe, un peu factice, presque un peu décevant. Un passage obligé.
Ma notation montre quand même qu’on peut largement passer au-dessus.
Sinon j’aime toujours autant les figures des chamans nadirs, je les vois comme des hommes frêles âgés aux cheveux hirsutes aux yeux malhonnêtes et vicieux, avides de pouvoir. Inquiétants, méprisables et pourtant souvent indispensables. Un mal nécessaire.
J’aimerais en lire + sur l’étendue de leur pouvoir, leur lien avec la Source et comment la magie dans cet univers est censée se goupiller. Après j'accepterai si ça continue sur un aspect "pose pas de question, le monde est comme ça c'est normal donc j'ai même pas à te l'expliquer".
Mention à ChatGPT qui est bien utile pour avoir un rappel de points précis des précédents tomes lus.