Il y a toujours un truc un peu particulier quand je me replonge dans Final Fantasy IX.

C’est sans doute l’épisode qui m’accompagne le plus intimement, celui vers lequel je reviens sans réfléchir quand je pense à la licence, à ses thèmes, à sa mélancolie douce, à son regard presque enfantin mais jamais naïf sur la vie et la mort. Forcément, ouvrir "La Légende Final Fantasy IX", c’est déjà accepter de revenir dans un endroit familier, presque confortable, avec l’envie qu’on m’en parle bien, qu’on m’y surprenne un peu, ou au minimum qu’on m’aide à mieux comprendre pourquoi ce jeu me touche autant.


Sur ce point-là, le livre fait clairement le travail!


J’ai pris un vrai plaisir à réexplorer l’univers, les personnages, la genèse du projet, et tout ce qui gravite autour de cet épisode si à part dans la saga. L’écriture est sérieuse, appliquée, et on sent un vrai respect pour l’œuvre. Le décryptage est précis, souvent très fin, parfois même presque chirurgical. On est sur un travail minutieux, qui ne se contente pas de survoler, et même quand on connaît déjà bien le jeu, même quand on a déjà lu ou entendu mille analyses sur FFIX, il reste toujours quelque chose à glaner. Une référence culturelle à laquelle je n’avais pas pensé, un rapprochement inattendu, une mise en perspective plus large avec le théâtre, le conte, ou certaines traditions narratives.


De ce point de vue-là, c’est un livre généreux, qui nourrit vraiment la réflexion et l’amour qu’on peut porter à cet opus.

C'est pour ça que je le recommande sans trop hésiter à celles et ceux qui aiment profondément Final Fantasy IX. Les fans, les habitués, les gens qui connaissent déjà le jeu par cœur mais qui aiment le voir décortiqué sous différents angles y trouveront largement leur compte. On sent une vraie volonté d’aller au bout des choses, de tout analyser, de tout expliquer, parfois même un peu trop.


Parce que c’est là que le bât blesse, et que les mêmes reproches que j’ai déjà pu faire à d’autres livres de cette maison d’édition me sont revenus assez vite. Le livre tire un peu en longueur, ce qui est presque ironique vu son format relativement modeste. On a cette sensation étrange qu’il pourrait être plus resserré, plus percutant, sans rien perdre de sa richesse. Certaines digressions, notamment en fin d’ouvrage, finissent par peser. Pas parce qu’elles sont inintéressantes, loin de là, mais parce qu’elles donnent le sentiment de vouloir absolument conclure quelque chose, démontrer un dernier point, là où l’essentiel a déjà été dit.


Comme souvent, ce sont justement les conclusions qui me laissent le plus sur ma faim. Elles ne sont pas mauvaises, mais elles manquent de cette évidence, de cette clarté qui donnerait envie de refermer le livre avec un vrai sentiment d’aboutissement. On sent que l’auteur veut aller loin, embrasser large, mais le propos perd un peu en pertinence sur la toute fin. À tel point que je me suis surpris à vouloir terminer le livre un peu plus vite, non pas par ennui, mais parce que j’avais déjà le sentiment d’avoir compris l’essentiel, et que le reste n’apportait plus grand-chose à mon ressenti global.


Le manque d’illustrations, de mon côté, ne m’a absolument pas gêné. C’est inhérent à cette maison d’édition, et je sais à quoi m’attendre en ouvrant ce type d’ouvrage. Le texte est censé porter l’analyse, et il le fait plutôt bien. Je n’ai jamais eu l’impression que l’absence d’images nuisait à la compréhension ou au plaisir de lecture.

Au final, je ne ressors pas émerveillé, mais ce n’est pas un reproche aussi dur qu’il en a l’air. Je ressors satisfait, nourri, conforté dans mon amour pour Final Fantasy IX. C’est un très très bon livre, clairement au-dessus de beaucoup de productions du genre, sérieux, documenté, passionné. Simplement, il lui manque ce petit supplément d’âme, cette dernière étincelle qui ferait que je le refermerais avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’inoubliable. Et quelque part, c’est peut-être aussi la preuve que Final Fantasy IX, lui, reste encore plus fort que tous les livres et toutes les analyses qui tentent de le capturer.

Ou alors qu'il manquait certainement un lien plus humain qu'une analyse froide de bout en bout?

KumaCreep
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le 9 janv. 2026

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KumaCreep

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