Davide Enia, à travers La Loi de la mer, écrit un roman mêlant hommage, ode à la vie et l'humanité mais également son histoire personnel. Le roman ne suit pas de grand fil rouge distinct, l'on suit Davidu, ses voyages sur l'île et ses relations avec sa famille, notamment son père et son oncle Beppe. Le récit est ponctué de réelles informations, nous permettant d'en apprendre plus sur Lampedusa mais également les conditions de voyages des migrants à travers les témoignages des habitants de l'île, des plongeurs et garde-côtes.
Le texte est d'une fluidité exemplaire nous permettant de filer sur lui comme un bateau sur l'eau. Les thématiques et rappel tout au long du roman sont très dur, que ce soit concernant les naufrages et les morts (cadavre est un mot plus que récurent ici) mais également concernant Beppe, un proche de Davidu atteint d'un cancer. Cependant, malgré des passages très compliqués à lire tel que le témoignage de Gabriella qui avoue être traumatisé après une mission de sauvetage où elle ne réussit à sauver que la moitié des migrants alors que ceux-ci étaient présents sur le bateau de sauvetage, le récit nous délivre de l'espoir. Il est jonché de note positive mais critique, nous permettant de nous rappeler notre humanité et d'avoir une autre vision sur ces traversées ainsi que leurs conditions.