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Ça faisait bien longtemps que je ne m’étais pas réfugié dans un bon petit roman d’aventure du 19ème, et cette période cocooning de fin d’année semblait en être la parfaite occasion.
On retrouve toutes les ficelles du genre : boys club bourgeois de savants exposant leurs théories et élucubrations dans un fumoir, récit enchâssé, descriptions fantasques et un peu ampoulées et cette bonne vieille indécision fiction / réalité qui caractérise si bien le genre fantastique de ce siècle. En revanche, le récit tranche radicalement avec une forme d’optimisme progressiste de la science fiction de son époque, incarnée parfaitement par Jules Verne.
Car oui, ce roman est crépusculaire, et annonce davantage un Lovecraft qu’il ne rappelle ses prédécesseurs. Le monde de quelques 800 000 années ultérieur au nôtre est une sorte de cauchemar capitaliste, dans lequel l’espèce vivant à la surface, les Eloïs, est l’aboutissement ultime d’une bourgeoisie lascive qui ne sait plus ni réfléchir ni agir et vit dans l’oisiveté la plus totale, et les Morlocks, vivant sous terre, sont l’aboutissement ultime d’un prolétariat n’ayant jamais connu l’émancipation, et sont réduits à leur plus pur instinct mécanique de survie. Connaissant les engagements socialistes de H.G Wells, vrai prolo à la Dickens, c’est une critique sans concession du système capitaliste, avilissant à terme autant les dominés que les dominants et conduisant inévitablement l’humanité à son auto destruction. On trouve aussi des bribes de darwinisme social (beaucoup moins pertinents à mon sens), très en vogue au 19eme, notamment sur une éventuelle décadence de l’humain quand il n’est plus confronté à la difficulté, et n’est plus aux prises avec la rudesse de la nature (une sorte de reprise du poncif romain de la décadence citadine face à l’exaltation du travailleur rural..).
Mais ce qu’on retient de cet ouvrage ce sont bien ses descriptions édifiantes, d’une grande puissance évocatrice, de ces paysages étranges, peuplés de sculptures monumentales et de ruines lisses et blanches qui rappellent un peu la civilisation martienne imaginée par Bradbury. Les dernières visions d’un monde apocalyptique, quand le narrateur pousse la machine dans les confins du temps solaire, frôlent carrément le sublime locraftien, avec ses crabes monumentaux et son inertie maritime épaisse et poisseuse.
J’aime beaucoup enfin le fait que l’Explorateur disparaisse pour toujours, laissant à l’humanité son seul témoignage lacunaire de son devenir, comme un avertissement flamboyant dans le crépuscule du siècle.
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le 28 déc. 2025
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