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Littérature
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le 6 août 2013
Rien de nouveau sous le soleil : « la Magicienne », nouvelle publiée posthume en 1989, ne fait qu’exploiter les mythes éprouvés de la femme fatale et du pacte avec le Diable. « “J’espère que je vous fais peur. […] / – Vous me charmez” » (p. 49 de l’édition Payot & Rivages) : voilà qui pourrait résumer “The Enchantress”, dont une traduction plus fidèle serait d’ailleurs « L’Enchanteresse ».
Le narrateur, touriste anglais qui se veut cynique et s’est retrouvé ruiné par le casino, cherche une femme à manipuler. Mais miss Croft manipule le manipulateur, si bien que le narrateur doit manipuler celle qui le manipule, laquelle se met à manipuler le manipulateur de la manipulatrice, etc. On aura compris que la manipulation constitue le thème principal du récit… Le fait est que ces deux caractères, s’ils n’ont évidemment pas l’épaisseur de personnages de roman, suffisent à occuper la soixantaine de pages écrites gros de « La Magicienne ».
D’autre part, comme ce bref résumé le laisse entendre, la nouvelle tient d’un art du dialogue à la française tout imprégné par la littérature classique, celle des salons, celle qui flirte avec le libertinage, celle des sentiments gazés, des paroles à triple sens et des personnages qui rateront leur but parce qu’ils n’ont pas su comprendre un euphémisme. On n’attendait pas forcément Stevenson sur ce terrain qu’occupèrent plus tôt diverses femmes de lettres et qu’occupera quelques années plus tard un Stefan Zweig, par exemple, mais il n’y a pas que des pirates et des brumes écossaises chez le créateur du docteur Jekyll.
Sans compter que les flibustiers ne voyagent pas dans le temps et que la brume n’est pas de tous les pays ; alors que les femmes fatales et les Faust de villes d’eau continueront à peupler 2018. « “Quand c’est un homme qui raconte, c’est toujours lui qui donne, poursuivis-je, et je me trouve dans la position de quelqu’un qui prend” » (p. 47).
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Créée
le 3 janv. 2018
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