Suite au succès de La Leçon du Mal, les éditions Belfond (pour la version broché) et 10/18 (pour celle de poche) éditent un autre roman de Yusuke Kishi qui lui est antérieur, La Maison Noire. Kishi n’est déjà plus salarié de Asashi Life Insurance lorsqu’il écrit ce deuxième roman. Puisant dans son parcours personnel la matière de sa fiction, il fait de son personnage principal, Shinji Wakatsuki, un jeune agent d’assurance dont la tâche consiste à traquer les irrégularités dans les déclarations des contractants. Un jour, il est appelé au domicile des Komoda afin de régulariser leur situation. Là-bas, dans cette maison miteuse, il découvre avec effroi le corps inanimé de leur fils, pendu au bout d’une corde. Alors que les circonstances de ce décès indique un suicide, Wakatsuki suspecte une macabre mise en scène du beau père pour percevoir l’argent de l’assurance vie du petit garçon. Un soupçon qui se transforme en obsession chez l’agent d’assurance alors confronté aux multiples ajournements du dossier et aux relances quotidiennes du beau père. La narration de Yusuke Kishi se montre quant à elle à l’avenant de cette lenteur administrative, ménageant ses effets dont il retarde leur arrivée en tirant parfois trop à la ligne lorsque ses personnages se répandent en didactiques tirades sur la psychologie criminelle. Si La Maison Noire porte donc les marques d’une œuvre de jeunesse (la tournure des fins de chapitre, encore très scolaire), le plaisir de lecture est présent et la patience du lecteur récompensé par un double final extrêmement tendu et violent.