Issu de sa production littéraire tardive, "La maison sur le rivage" n'est pas, de mon point de vue, le roman le plus réussi de Daphné du Maurier. Sans doute est-ce dû en partie au fait que dans ses romans, je préfère les ambiances d'avant-guerre qu'aux années 60 décrites ici ? L'action se situe en Cornouailles, terre de coeur de l'auteure. Richard Young, la quarantaine, est gracieusement hébergé par son ami Magnus, un savant fou que ne supporte par Vita, l'épouse de Richard. Mais ce détail n'aurait pas d'importance puisque Magnus ne se propose pas de résider dans sa maison près du rivage en même temps que le couple et les fils de Vita si Magnus n'avait pas demandé à Richard le service de se prêter à une expérience de son cru consistant à boire une drogue maison afin de... voyager dans le passé !


Alors oui, dit comme cela, le synopsis peut faire peur et il m'aura fallu digérer les cinquante premières pages du roman avant que j'accepte d'aller là où Daphné voulait m'emmener. C'est par pure affection pour son oeuvre que j'ai persévéré et, au final, j'ai bien fait car le roman n'est pas une complète catastrophe, seulement une petite chose bancale qui finit par divertir à défaut de captiver.


Ses voyages opiacés dans le temps - six siècles quand même ! - ramènent donc Richard en plein Moyen Age où il découvre les faits et gestes des nobliaux de la localité dans leurs qualités respectives. Dommage que leurs existences ne présentent pas plus d'intérêt que la violence des mœurs, la fragilité de la justice et la rigueur de la survie, toutes choses déjà acquises par la plupart des lecteurs. De plus, on ne peut que tiquer devant l'usage de certaines expressions de l'auteure (ou plus sûrement du traducteur) telles que violon, coma ou encore chaussures. Au début du XIVème siècle, ça fait quelque peu tache.


Je ne sais pas trop où voulait en venir Daphné du Maurier avec ce roman mais son attachement profond à ce coin de lande justifie quelques fantaisies.

Créée

le 14 sept. 2019

Critique lue 316 fois

Gwen21

Écrit par

Critique lue 316 fois

1

D'autres avis sur La Maison sur le rivage

La Maison sur le rivage

La Maison sur le rivage

8

Cannetille

le 29 août 2023

Suivre

Voyage dans le temps ou dans l'esprit dérangé d’un homme en train de perdre mentalement pied ?

Sa femme et ses enfants devant l’y rejoindre sous peu, Richard est pour l’instant seul dans la très ancienne maison que son vieil ami Marcus Lane lui a prêtée pour l’été, à Kilmarth, dans les...

La Maison sur le rivage

La Maison sur le rivage

7

nodeven

le 14 mai 2022

Suivre

Promenade dans le temps

J’aime l’atmosphère pluvieuse de Cornouaille dans laquelle trône cette maison, point de départ des « voyages » effectués par le personnage principal du roman. On se plaît à suivre celui-ci dans ses...

La Maison sur le rivage

La Maison sur le rivage

6

Gwen21

le 14 sept. 2019

Suivre

Critique de La Maison sur le rivage par Gwen21

Issu de sa production littéraire tardive, "La maison sur le rivage" n'est pas, de mon point de vue, le roman le plus réussi de Daphné du Maurier. Sans doute est-ce dû en partie au fait que dans ses...

Du même critique

La Horde du contrevent

La Horde du contrevent

3

Gwen21

le 1 janv. 2014

Suivre

Critique de La Horde du contrevent par Gwen21

Comme je déteste interrompre une lecture avant le dénouement, c'est forcément un peu avec la mort dans l'âme que j'abandonne celle de "La Horde du Contrevent" à la page 491 (sur 701). Pourquoi...

La Nuit des temps

La Nuit des temps

10

Gwen21

le 15 sept. 2013

Suivre

Critique de La Nuit des temps par Gwen21

Je viens d'achever la lecture de ce petit livre qu'on me décrivait comme l'un des dix livres de science-fiction à lire dans sa vie sous peine de mourir idiot. Je viens d'achever la lecture de ce...

Les Hauts de Hurle-Vent

Les Hauts de Hurle-Vent

5

Gwen21

le 11 févr. 2015

Suivre

Critique de Les Hauts de Hurle-Vent par Gwen21

Ouf, enfin terminé. Que de longueurs... Pour rien au monde je n'aurais voulu vivre dans le cercle intime de la famille Brontë. Malgré le talent pour l’écriture équitablement partagé entre les trois...