La Marque
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La Marque

livre de Fríða Ísberg (2021)

Rien ne définit mieux une époque que les dystopies qui décrivent son éventuelle, et bien entendu inquiétante, évolution. Il y a beaucoup de probabilités, de nos jours, pour que ces fictions prennent pour thème majeur la dégradation de l'environnement (voir Crasse rose, par exemple) ou, sujet inhérent à la condition humaine depuis toujours, les libertés individuelles. La Marque de l'Islandaise Fríða Ísberg (née en 1992) imagine un pays à la veille de voter pour un référendum sur l'obligation ou non de soumettre l'ensemble de la population à un test d'empathie, sachant que si la réponse est oui, les individus recalés à l'examen, ou le refusant, deviendront peu ou prou des sous-citoyens. Sujet passionnant que l'autrice traite à travers plusieurs personnages d'origines et de modes de vie différents, avec évidemment des avis divergents sur la question. L'impression donnée par le livre est mitigée, dans le sens où Fríða Ísberg semble quelque peu ménager la chèvre et le chou (l'on ne doute pourtant pas de son opinion), en usant du mode polyphonique qui finit par atténuer l'intérêt, avec d'ailleurs des protagonistes tous plus ou moins névrosés. Dommage que les interactions entre eux soient aussi peu fréquentes et que les différentes intrigues fassent le plus souvent cavalier seul sans que l'on puisse s'attacher à l'une plutôt qu'à une autre. De son sujet de société riche de questionnements, la romancière fait finalement un agrégat d'histoires individuelles qui n'ont pas la place d'être vraiment approfondies. A cause de cela, La Marque ne semble pas exploiter tout son potentiel à l'opposé de Avec joie et docilité, pour n'évoquer qu'un exemple, le formidable récit dystopique (hygiéniste) de la Finlandaise Johanna Sinisalo.

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le 27 juin 2023

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