J'ai honte de le dire, mais j'ai été intrigué par ce roman pour sa couverture. Ou plutôt pour les couvertures des éditions Argyll qui sont hyper bien travaillées. La vendeuse derrière le stand était une stagiaire super motivée qui avait trop envie de m'expliquer les pitchs des différents livres et au final, j'ai craqué pour La Monture dont le scénario m'avait intrigué. L'histoire d'un monde où les humains sont devenus des montures pour les extra-terrestres, vu depuis un humain heureux de faire ce genre de tâche.
Un an après l'avoir acheté je me suis dit qu'il fallait que je m'y mette, et ce fut mon livre du mois d'avril. J'ai eu un peu peur au début d'avoir un livre prêchi-prêcha du style "ha ha, vous emprisonnez les chevaux et les ânes pour en faire vos montures, mais mettez-vous à leur place, ça serait moins drôle" et si, effectivement, il y a un peu de ça, en vérité le livre parle de tout autre chose : il parle de la difficulté à sortir d'un système d'oppression.
Le protagoniste de l'histoire, Charley est un enfant de onze ans qui a toujours connu ce système et qui va violemment être libéré par son père. Lui qui a toujours vécu pour être la monture d'une personne importante, qui n'a jamais reçu de brimade, avait un traitement de faveur par rapport aux autres, faisait partie d'une race d'humain considéré comme supérieure (a l'image des animaux, les humains ont été sélectionné et hybridé afin qu'un caractère chez eux soit le plus saillant) élevé en même temps que son jeune maître, ne comprends pas pourquoi on l'a retiré de sa cage dorée pour l'emmener dans la montagne où il n'y a rien, pour être en compagnie d'un père qu'il n'a jamais connu et qui parle peu à cause des marques qu'une vie de servitude lui ont laissés.
D'où un livre qui est écrit du point de vue de son personnage, avec ses expressions limités, ses réflexions abruptes, et même une façon de voir les choses qui peut désorienter au départ. Le personnage peut paraitre hyper détestable au départ, avec ses envies sont triviales, mais cela utilise très bien son sujet. Et surtout, Charley évolue et commence à prendre part, presque à son insu a une rébellion des humains. A noter que le premier livre commence du point de vue d'une extra-terrestre ce qui permet aussi de montrer le point de vue de ces êtres et de poser directement le paradoxe : tout le monde pense être les gentils dans l'histoire.
En vrai, j'ai tellement aimé le livre que pendant quelques secondes je me suis dit "ha, ça mériterait d'être adapté" avant de me rendre compte du ridicule que cela constituerait. Il y a des choses qui marchent mieux en livre qu'autre chose.