Dans cette longue nouvelle, Léon Tolstoï explore à la fois la comédie et le drame de la mort. La réflexion qu'il propose au lecteur à travers le récit de la vie d'Ivan Ilitich, magistrat et représentant d'une certaine classe bourgeoise, peut servir de référence à bien des lecteurs de son temps et même du nôtre.
Les espérances de la jeunesse, l'ambition de l'âge adulte et les désillusions de la vieillesse constituent la trame de ce récit qui permet à chacun de s'interroger sur le sens de l'existence, sur les traces qu'un être laisse derrière lui, sur les impressions qu'il marque dans l'esprit de ses proches et de ses connaissances ; et témoigne aussi de la solitude épouvantable que l'on ressent face à la maladie, au déclin, au néant de la mort que seule une spiritualité inspirée et sincère peut ouater d'espérance et de consolation.
J'ai apprécié le style - comment pourrait-il en être autrement, Léon Tolstoï est un auteur classique brillant -, la construction de la narration (pas de suspense à attendre, la nouvelle s'ouvre avec la mort du personnage principal) et ses développements autour de la famille, des cercles professionnels ou sociaux. Les considérations d'Ivan Ilitch sur sa vie, son parcours, sa carrière, ses réalisations, ses succès et ses échecs sonnent justes et forment une sorte d'enseignement à l'usage de tous.
Un récit court mais marquant.