Dans un futur indéterminé, ce pays qui a dû ressembler au nôtre est devenu un état totalitaire sous protectorat chinois, une société à mi-chemin entre celles de «1984» et de «Soleil vert», dans laquelle aucun geste ou mot prononcé de travers n’échappe à la surveillance, suivie d’une condamnation souvent irrémédiable ou d’une disparition pure et simple. Jimmy Durante, un officier de l’omnipotente sécurité intérieure, est rattrapé par la malchance, impliqué malgré lui dans une affaire de corruption et sur le point d’être «happé par la grande broyeuse».

«Et puis un jour cela tomba sur moi, cette glu visqueuse que la Faculté appela par la suite "angoisse administrative".»

Son exclusion du monde protégé de la classe dominante, préambule à une fin désastreuse, ne lui laisse d’autre choix que de tenter de rejoindre la péninsule, territoire irradié par une catastrophe nucléaire où, paraît-il, quelques réprouvés et résistants ont trouvé refuge, zone hermétiquement bouclée dans laquelle on peut tenter de pénétrer, sans le moindre espoir d’en ressortir jamais.

À partir de cette introduction dystopique sur des sentiers connus va se développer un récit d’amour et d’aventures non dénué de clichés, entre Jimmy Durante et la violoncelliste géorgienne Valentina Ordjonikidze, dans ce territoire irradié où un groupe d’humains de toutes origines a reconstruit une société de bric et de broc au charme romantique et désuet, exhalant une nostalgie d'un mode de vie grand bourgeois.

Sans grande surprise ni extase, ce sixième roman du québécois Louis-Bernard Robitaille (2014, Ed. Noir sur Blanc) peut néanmoins constituer une porte d’entrée habilement construite dans l’univers des dystopies.
MarianneL
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le 3 févr. 2015

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