Jinn et Phyllis trouvent une bouteille contenant un manuscrit qui relate l’exploration par des hommes d’un monde à la civilisation simienne évoluée et où l’humaine est primitive.
Le nom du protagoniste est bien trouvé car similairement à son homonyme mythologique, qui découvre son royaume d'Ithaque changé après vingt ans d'absence, Mérou trouvera la Terre qui aura évoluée d’une manière inattendue. La stratification tripartite rappelle ce qui fut la nôtre avec ses gorilles axés sur le combat, ses chimpanzés inventifs et ses orangs-outans privilégiés malgré leur cuistrerie. Anciennement jugé indécent, pour l’oaristys entre une primate et un humain ; analogie patente avec un amour interracial. En inversant les rôles, Pierre Boulle peut dévoiler caustiquement la xénophobie, les dogmes, les castes, les expérimentations animales, la désinformation mais aussi l’oisiveté de l’espèce humaine et l'absence d'originalité des hommes. Il est également un pamphlet envers la guerre et les abus de la science. De même, le baroud pour se faire reconnaître en tant qu’espèce consciente d’Ulysse fait songer à la lutte pour les droits civiques. Bref, c’est un roman foisonnant de thèmes et il n’omet jamais d’être un divertissement. Le twist est amené davantage subtilement que dans le métrage de 1968. Un livre brillant qui nous met en garde contre la prééminence fragile de notre culture.