Qu’est-ce qu’il se passe quand un auteur se retrouve piégé par ses propres armes, ses gimmicks ? Bah ça donne La Prof.
Au fur et à mesure que je découvre les thrillers domestiques de Freida McFadden, il me semble que le style de l’autrice s’essouffle. Non pas que son premier La Femme de Ménage soit un chef-d’œuvre mais il jouissait sûrement de l’effet de surprise même s’il flirtait avec le nanar. Sa suite quant à elle, reprenait les mêmes éléments, pour se vautrer complètement avec un choix attendu qui s’est retrouvé aussi risqué qu’audacieux… et finalement si contre-productif qu’il a condamné à lui seul tout l’intérêt de la lecture.
À l’heure où un film La Femme de Ménage sort en décembre 2025, on peut se dire que les œuvres de Freida sont un véritable terreau pour le cinéma.
Mais face au twist final qui est une des seules bonnes surprises de La Prof, on s’interroge quant à la faisabilité de la chose (même si avec quelques idées et un certain exercice stylistique et formel ça peut le faire) mais bon passons. Ce qui nous intéresse ici c’est ce que ce dernier cru est en tant que roman. Mais à ce niveau là, il y a pas mal de choses à en redire.
Si Freida abandonne sa structure en deux parties pour le meilleur elle conserve toutefois ses multiples points de vue et narrateurs. L’occasion pour nous de rencontrer des personnages hauts en couleur, comme d’habitude, un ado excessive et harcelée au passé trouble, une prof malade de chaussures et un prof sexy qui a - à priori - tout pour lui.
Et si ça commence bien (mais genre vraiment bien) avec ces personnages qui trimballent des secrets plus gros qu’eux et qu’on sera évidemment amener à découvrir tout au long de la lecture, les thèmes de Freida nous rattrapent bien vites, transformant des mystères intrigants en réponses décevantes pour un final tout petit, à l’image de ses précédents essais, qui s’apparente à un film Netflix mou et fait uniquement pour abreuver le catalogue et attirer le manant conciliant ou perdu sur la plateforme qui a lancé un truc au pif pour laisser balader ses yeux quelque part, sur quelque chose.
Et là est le cas Freida, dans tous ses bouquins c’est la même chose, il y a cet esprit de sororité qui annihile tout sur son passage, laissant des trous béants dans l’écriture avec des pistes abandonnées, et des facilités à n’en plus finir. Et c’est dommage parce qu’il y avait enfin au départ une légère brise de renouveau… avant de repartir dans de mauvaises habitudes.
Dommage, l’illusion n’a pas fait long feu et on s’accroche donc à tout ce que l’on peut, par conciliation. Autant dire qu’on parle à ce niveau là de cerise sur le gâteau de merde. D’autant plus que ces deux dernières parties n’ont pas le soin et le développement de la première.
Pas grave, on sait à quoi s’en tenir maintenant.