En 1986, apprenant la mort de sa mère, Rym revient dans son village natal de Tunisie avec sa fille , après 15 ans d'absence. A 18 ans, elle avait trahi les siens en fuyant son pays, avec un coopérant français chrétien, pour pouvoir poursuivre ses études en France. Formée à l'émancipation des femmes par son séjour en France et rompant avec les traditions ancestrales, elle devient celle par qui le scandale arrive : malgré elle, elle s'oppose aux hommes du clan au sujet de la répartition de l'héritage, elle tombe amoureuse du fils de son ancienne bonne, elle remet en cause les origines du saint patron du village...
Dans ce roman, probablement quelque peu autobiographique, l'auteur dessine une chronique pleine d'humour et de sensibilité d'un petit village de la "Tunisie profonde", avec ses superstitions, ses croyances ancestrales, ses règles de vie terriblement machistes que ne peut plus admettre Rym après 15 années passées en France. On est tenté de croire que l'auteur force un peu le trait en amplifiant les travers de ses coreligionnaires, mais malgré tout, ce livre reste une sorte de plaidoyer à l'usage des français pour une meilleure compréhension de ces peuples maghrébins que nous côtoyons quotidiennement. A noter que la narration épouse la lenteur toute orientale qui fait que le temps, là bas, n'a pas la même signification que de ce côté-ci de la Méditerranée.