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le 29 mars 2014
SuivreApocalypse ? No !
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Par une après-midi sans but, j’avais élu domicile avec ma conjointe dans une librairie non loin de mon lieu de travail d’antan. Je cherchais un livre pour accompagner mes futurs moments d’ennui qui n’auraient pas pu être désamorcés par mes autres passions. Je tombais alors sur La Route bien mis en évidence. Je n’avais pas vu le film mais j’en avais souvent entendu parler. Cette oeuvre littéraire était d’ailleurs souvent citée comme étant une des inspirations majeures d’une oeuvre vidéoludique sortie il y a quelques années et qui avait ébranlé la communauté des joueurs : The Last of Us. Je me laissais alors séduire par cet objet qui était devenu une référence pour de nombreux dévoreurs de livres. Qu’allais-je tirer de cette brûlante aventure ?
Dans un futur possible brisé, un père et son fils, que la vie n’a pas choyé, déambulent dans un monde ravagé avec comme seul moteur l’espoir de s’en sortir. Vivant quotidiennement dans la peur de croiser des gens mal intentionnés, ils survivent tant bien que mal à la recherche de nourriture et d’endroits pour échapper aux assauts impitoyables des changements climatiques.
Je ne vais pas m’attarder sur le style de l’écriture puisque je l’ai lu en français et pas en VO. Première remarque, la plume de cette version est plutôt ambitieuse et vous mettra face à un vocabulaire et à des termes que l’on retrouve rarement dans la vie de tous les jours. Certains pourraient être rebutés par cette contrainte, mais ce n’est pas non plus abusif et c’est un bon moyen d’enrichir son lexique. Le texte rend souvent compte de la lourdeur de l’existence à grands coups de phrases complexes et travaillées qui n’hésitent pas à abuser du “et” lors des énumérations.
Au niveau du rythme, l'aventure de nos héros se dévoile assez lentement. Une progression narrative qui se révèle être le reflet de leur agonie et de celle du monde qui les entoure. Les péripéties sont peu nombreuses et même s’il ne se passe, au final, pas grand chose, le livre réussit à nous tenir en haleine. En centrant son propos sur ces deux êtres fragilisés et sur leur bataille perpétuelle pour survivre, un fort lien empathique se tisse entre eux et le lecteur. Le danger est omniprésent. Ils savent qu’ils peuvent mourir demain et l’auteur arrive avec brio à nous transmettre cette crainte permanente. Une tendance qui aide beaucoup à se sentir impliqué dans le récit. Le roman est avare en réponses sur ce qui a ravagé la planète. Mais ce n’est pas important quand on constate à quel point l’aventure de ce père et ce fils est poignante sur bien des points. De plus, le mystère qui pèse autour de ce cataclysme le rend presque encore plus cruel et menaçant. Il y a peu de révélations sur le passé de nos deux protagonistes, mais elles participent avec justesse et pertinence à enrichir nos sentiments forts à leur égard.
Tranche de survie de l’après fin du monde, La Route nous emporte dans un récit pessimiste aux côtés de ce père et ce fils qui maintiennent, tant bien que mal, les vestiges de leur amour dans ce monde qui ne veut plus d’eux.
La fin des temps : Le roman La Route mérite amplement son statut de référence. C’est une oeuvre atypique qui repose réellement sur l’empathie entre les personnages et le lecteur. Ce monde en ruines permet de se poser des questions sur la nature humaine. C’est ce que fait l’enfant à de nombreuses reprises en interrogeant son père sur le monde qui les entoure. Il met d’ailleurs souvent à mal le manichéisme que lui a inculqué son père - certainement pour le préserver. Il montre, de cette manière, qu’il est difficile de prévoir les limites que se fixerait l’Homme dans un contexte où l’équilibre, tel qu’il le connaît, serait renversé. Un livre pessimiste et fort qui fait réfléchir autant qu’il prend aux tripes.
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Créée
le 16 mai 2018
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