Krug, c’est un industriel milliardaire qui produit en série des androïdes de chair et de sang, lesquels lui vouent un culte secret. On suit Thor, le bras droit de Krug, androïde de première classe, en plein éveil : suis-je moi aussi un être humain ?
Dans La Tour de verre, le fil rouge de l’histoire n’est qu’un prétexte pour suivre la prise de conscience des androïdes de leur condition. La naïveté du héros se transformant en émancipation est assez prenante, malgré quelques déséquilibres dans les points de vues complémentaires : j’aurais bien aimé explorer davantage l’aspect politique, là où le religieux occupe une place conséquente.
L’issue de l’ouvrage est relativement floue ; il y a une fin, certes, mais cela ouvre un nouveau chapitre que j’aurais souhaité lire. Dommage car Robby nous tient en haleine de manière efficace et nous fait saliver avec ses machines à échanger les consciences. Au final, La Tour de verre laisse un peu sur sa faim mais se lit avec plaisir, avec de bonnes idées loin d’être ringardes pour l'époque.
Bon et passons sur l'analogie de la tour de verre : cet immense bâtiment dans lequel Krug fonde tous ses espoirs, à rapprocher de Thor Watchman, son bras droit androïde, lui-même le parallèle de cette tour : solide, puissant, pur, qui se cherche lui-même, regarde à travers lui,
jusqu'à se renverser.