La Transmigration de Timothy Archer , ou The Transmigration of Timothy Archer est un roman de "science-fiction" - ou "science-fiction spéculative" , comme tout le reste de la trilogie divine d'ailleurs - écrit par Philip K. Dick , paru en 1982. Ce roman vient clôturer une saga de quatre récits représentant l'ultime soubresaut mystique de la carrière de l'écrivain Californien : La trilogie divine , donc ; sorte de synthèse de l'irrationalité humaine au fil des ages , transposé dans l'univers radicalement déroutant de K. Dick.
Dans cette dernière partie , l'auteur nous introduit à Angel Archer , veuve plus ou moins jeune de Jeff Archer , lui même fils de l’évêque Timothy Archer. Celui est une sorte de célébrité Américaine , inscrite dans la veine des John F. Kennedy et des Martin Luther King qu'il a côtoyé. Hors , au même titre que le 62em président des Etats-Unis ou le marcheur de Selma , mais aussi de la même maniere que John Lennon , Tim , l'un des hommes les plus aimés par le peuple des Américain , est mort à la suite de son fils et de sa maîtresse. Et Angel sait au fond d'elle qu'elle doit y être pour quelque chose.
J'ai retrouvé dans la Transmigration de Timothy Archer ce qui m'avait fait tant vibrer dans Radio Libre Albemuth , ce vertige des premiers instants quand on s'attarde entre les malheureuses banalité d'une société d'amis voué à l’échec et qu'on conçoit , petit à petit , que la vague - si jamais elle retombe - ne sera pas accompagné du fracas auquel on s'attend.
On sent la passion de Philip K. Dick pour tout ce qui est relié de prés ou de loin à l'invisible , au mysticisme mais aussi à la grande culture. A tout ce qui est intellectuel , en somme. A tout ce qu'un habitant de Berkeley , encore aujourd'hui , serait en mesure de réclamer comme étant "sa culture". Et pourtant - et c'est là où c'est géniale - K. Dick , connu pour être quelqu'un qui intellectualisait chaque détail de son existence , est conscient du délire qui les entourent lui et ses personnages. Ce livre traite de cela , désamorçant les effets mis en place dans les prècedents ouvrages pour créer une quatrième et dernière facette : celle de la désillusion , de la rationalisation. Rafraîchissant ? Oui , assez.
La trilogie m'aura littéralement transmuté. Je ne suis plus le même et j'en ai conscience. Je pense que le Coran , la Bible ou encore le Bardo Thodol doivent avoir cet effet là chez certaines personnes ; ce recueil est sans doute devenu mon livre saint. Quatre testaments , quatre perceptions adéquates des choses de cet univers alliant au verbiage constant la critique d'elle même comme son accentuation délirante.