« Avant que qu’elle ne commençât son régime végétarien, je n’avais jamais considéré ma femme comme quelqu’un de particulier ».L’homme qui parle se définit lui même comme quelqu’un de parfaitement ordinaire, sans ambition, sinon celle de ne pas se démarquer. Cette épouse sans relief a été un choix en harmonie avec son caractère passe-partout.Mais voilà, la décision soudaine de ne plus manger de viande bouleverse l’équilibre du couple mais aussi de la famille entière.
A partir de cet événement qui pourrait être un incident banal de l’évolution de cette famille, les conséquences aussi absurdes que dramatiques vont s’enchainer, faisant glisser le roman au départ assez lisse vers une noirceur impressionnante. Certaines scènes révèlent des faits violents passés mais aussi présents, qui laissent sans voix.Un deuxième personnage entre alors en scène et pas des moindres. Le beau-frère de la végétarienne est vidéaste et veut filmer son obsession, la tache mongoloïde que celle-ci porte au bas de son dos. Dans une mise en scène particulièrement érotique…
La troisième partie est consacrée à Inhye, la soeur de la végétarienne et l’épouse du vidéaste, cernée par la folie de ses proches..
Roman d’ambiance, original, et mené de main de maître, qui laisse des traces en mémoire, appelées à y rester longtemps. Malgré le détachement apparent que confère le style, les mots sont choisis pour faire passer des émotions profondes. De la violence sans exhibitionnisme, un érotisme ambiant, sans exhibitionnisme, et un art de raconter étonnant.