C'est l'histoire de Momo, 10 ans, qui vit dans un clandé pour fils de pute.
Le ton est donné.
Momo donc nous livre une histoire dans un français approximatif, un patchwork tantôt déplaisant, parfois amusant, de barbarismes, néologismes, maladresses et autres tournures inattendues. Le tout donc dans un style tout sauf littéraire et qui mène l'écrivain à recevoir la consécration utlime avec la panacée des prix littéraires. Ce qui ne peut que laisser perplexe.
Néanmoins, ce serait trop réducteur de s'arrêter là. Sous couvert de ne pas y toucher, l'écrivain se sert de l'enfant et de sa vie d'orphelin-adopté-clandestin pour nous offrir également un recueil d'aphorismes d'une grande force et qui rarement nous laissent indifférents. C'est juste, ça touche et c'est même beau, ce qui avec la couche de vernis de vulgarité est une performance.
Bref, on dirait un film d'Emir Kusturica, une peinture contemporaine, un sytle inclassable et pourtant qui a ce petit quelque chose qui nous laisse songeur.
Je dis bravo au Jury de l'époque qui a su donner le prix à cet opus qui devait manifestement être un outsider. En tout cas, j'ai trouvé ça beaucoup plus savoureux que 3 Femmes puissantes par exemple, qui lui est dans un Français impeccable à vous faire complexer et qui pourtant ne vous fera pas vibrer.