Croyez en ma vieille expérience ! Je ne savais pas par où commencer cette critique, en effet pendant une assez longue partie du livre, nous avons un concours d'anecdotes données par Momo, le petit Arabe vivant au 6ème étage avec Mme Rosa qui s'occupent "d'enfant de putes". Et cette phrase, "Croyez en ma vieille expérience" en dit long sur ce roman : En première lecture, c'est juste une expression dites par un vieux monsieur que Momo reprend, comme beaucoup d'autres expressions et mots (qu'il n'utilise pas toujours de la bonne manière), mais c'est surtout proche de la vérité, du haut de ses 14 ans, il en a vécu des choses ce petit.
Arrêtons peut être un peu plus sur le style, ce roman est écrit par les mots de Momo, un enfant arabe de 14 ans qui pensait pendant longtemps en avoir 10, et qui répète les expression qu'il entend, les mots qu'il prononce parfois mal comme "proxynète".
Le ton est donc souvent léger, cru, sa mère était une "pute" qui se "défendait avec son cul" tout comme Madame Rosa, la vieille Juive en surpoids qui s'occupent des enfants de putes qui lui sont confiées. Cette manière d'écrire comme un enfant parle, alliant de l'argot, des éléments d'autres langages et des mots bien plus soutenu qui lui ont été appris, est assez plaisante à lire, bien que parfois la répétition de certaines anecdotes était assez redondante (En effet les évènements sont racontés par Momo, ils ne sont pas toujours dans l'ordre qu'il énumère et se perd parfois et répète des choses) bien que cela rende l'impression de parler oral assez crédible.
Parlons maintenant un peu plus du fond, Momo, enfant de prostituée aux circonstances que l'on découvre à la fin est assez spécial, et est le seul enfant restant toujours avec Madame Rosa, les autres sont adoptés, ne sont que de passage où envoyé à l'Assistance publique car les parents ne paient plus. Malgré le ton enfantin, ce roman aborde des sujets très intéressant et compliqué : l'amour, les parents, l'euthanasie ("l'avortement") et bien d'autre. Une question que l'on peut ainsi se poser est : "Est ce que les parents biologiques sont vraiment nos parents ?",
Momo ne les connais pas, et on l'apprendra plus tard, sa mère est morte, assassiné par son père atteint de folie. La seule personne qu'il a aimé est Madame Rosa, qui s'est occupé de lui depuis ces 3 ou 4 ans et qui lui a appris les langues car il n'allait pas à l'école.
Le deuxième grand sujet centre de l'histoire à la fin du livre est "l'avortement pour vieux", l'euthanasie. En effet Madame Rosa, est vieille et en mauvaise santé. Elle perd la mémoire, et deviens pendant des périodes de plus en plus longues "un légume". Et quand Momo va voir le vieux docteur Katz pour lui demandé, on lui répond que c'est très puni par la loi française. Mais madame Rosa ne veut pas vivre comme un légume, Momo ne veut pas la voir souffrir de cette manière non plus. Est-ce moral de laissez souffrir une personne qui ne vit plus mais qui ne fait que souffrir ? Est-ce utile de maintenir quelqu'un en vie si c'est un légume qui ne se souvient de rien et dont les seuls songes sont des souffrances ? C'est une question difficile : en tout cas Romain Gary à prit parti et nous montre ici qu'il défend l'euthanasie bien qu'elle soit illégale en France.
Globalement j'ai bien aimé ce roman, le style, l'humour, les clichés racistes dénoncés de manière implicite par la voix de Momo qui les dits de manière innocente. Il est facile à lire et nous montre bien le quartier de Belleville des années 70, la diversité, les gens qui y vivaient. C'est un roman franchement plaisant croyez en ma vieille expérience !