John Barleycorn, ce triste épouvantail qui hante toute personne insatisfaite de sa condition, géographique ou spirituelle va donc venir petit à petit ronger le quotidien de notre héros.
Pourtant, l’alcool et surtout l’alcoolisme ne sont pas innés, il va falloir se forcer pour intégrer l’habitude d’ingérer tant et encore.
L’auteur va mettre du temps à s’y accoutumer, pourtant, il ne le dérangera pas tant que ça dans ses tentatives pour s’arracher à sa misérable condition, tentant les petits boulots prometteurs ou carrément en se lançant dans des études. En fait, c’est assez tardivement que London sentira vraiment sa vie dérangée par cette dépendance, ce dernier ne dérangera pas trop son ascension ou sa réussite sociale.
Appuyé sur une sage expérience, London nous rappelle une importante règle liée à la dépendance : on ne consomme pas seul, a priori tant que cette digue tient, on peut être à peu près tranquille sur son addiction. Indépendamment de ça, la vision qu’on a de l’alcool a également beaucoup évolué, il n’était sans doute pas vu de manière aussi négative jadis ; en outre, la misère et l’adversité de cette époque le rendait également bien plus séduisant.
Reste un point qui fait tiquer : London était-il plus machiste que son époque ? Difficile de s’avancer sur cette question, mais certains de ses propos seraient proscrits aujourd’hui, pourtant, malgré ses quelques plaintes contre ces bonnes femmes et leurs niaises discussions, il se prononce en faveur de leur droit de vote, la question est liée à la boisson car nul doute qu’avec des femmes votantes, les suffrages relatifs à la prohibition sont passés et l’auteur lui-même y est finalement favorable.
Le cabaret de la dernière chance est une chouette auto-biographie, la lecture n’est pas déplaisante, il y a fort à parier que son discours anti-alcool devait être sacrément avant-gardiste en son temps. Maintenant que son incitation dans les films, les pubs… est nettement plus contrôlée, il n’est plus autant un problème de santé publique que naguère, alors faut-il aller jusqu’à le prohiber, on a essayé et ça n’a pas vraiment fonctionné.