"Le camp des échasses" peut être considéré comme le 2e tome qui fait suite au "Club des échasses", paru en 2023, mais vous n'avez pas besoin de l'avoir lu.
Dans ce tome, le héro, Simon Legrand, décide de partir avec son ami Léon dans un camp de vacances d'une durée d'une semaine. Le camp Grospied propose la panoplie d'activités connues des camp de vacances: tir à l'arc, escalade, jeux de piste, orientation, kayak ou planche à pagaie, etc. C'est vite passé une semaine aussi chargée! Simon intègre la petite équipe de Colibri, une monitrice qui s'exprime très vite. Il souffre toutefois de sa peur des hauteur et comme les activités donnent des points aux campeurs à chaque nouvelle activité selon leur vitesse, le fait d'avoir été incapable de faire l'escalade range son équipe bon dernier. En parallèle, Simon découvre des traces de pied anormalement grosses à divers endroits du camp. Il pense qu'il pourrait s'agir du Grospied, la créature légendaire liée au mythe fondateur du camp.
Le roman inclut de petites BD dans sa narration et des illustrations des personnages. Curieusement, l'équipe de Colibri ne présente que six des membres dans les illustrations, l'une des trois filles. D'ailleurs, puisqu'il est question des filles: C'était vraiment nécessaire de leur mettre des jupes et des robes? Faire une camp de vacances aussi mal habillé est un peu improbable, surtout avec des activités comme celles proposées. Vous vous voyez escalader ou randonner en jupe?
Simon a la peur des hauteurs, l'acrophobie, il sera question de surpasser ses craintes dans le roman. Il ne sera pas tant que question de sa taille, mais il le mentionne de temps à autre. Mais un des thèmes secondaires qui m'a particulièrement plu est celui des préjugés. Le personnage de Jordan incarne le gars qui est bon dans tout ce qui s'appelle "sport" et Simon a tôt fait de le ranger dans le groupe des prétentieux un peu arrogant. Il est vrai que Jordan a confiance en lui et ne se cache pas d'être talentueux, mais son manque de modestie ne le rend pas pour autant détestable comme moult personnages sportifs pédants ( nombreux en littérature jeunesse). Simon va réaliser, vers la fin du camp, qu'il l'a mal jugé: Jordan a eu la délicatesse de noter son inconfort face aux hauteurs et s'est soucié qu'on attribut cette même épreuve encore une fois à Simon. De plus, Jordan exprime son admiration pour Simon, qui est parvenu à surmonter sa peur, tout en soulignant qu'il aimerait bien avoir son talent pour le dessin. Je suis tellement habituée que les romans jeunesse place un "rival" aux personnages que je trouve rafraichissant qu'il n'y ait en réalité aucun antagoniste. C'est un cliché un peu daté et qui tourne toujours autour des mêmes traits de caractère et physiques, on s'en passerait bien.
Je me serais toutefois passée des bas de page, qui remplace souvent des précisions qu'on aura pu avoir dans le texte. Les bas de pages servent à donner des précisions informatives, mais s'en servir comme des précisions de narration est simplement agaçant et entrecoupe la lecture au lieu de la simplifier ou de la fluidifier. Mon avis, bien sur.
C'est un roman que j'ai souhaité lire pour l'arrivé de l'été, en pensant à tous nos jeunes lecteurs, garçons et filles, qui vont justement chercher des thématiques estivales. Nombreux sont nos jeunes à fréquenter camps de jour et camps de vacances ( Ces "colonies de vacances, pour vous les européens). Avec une plume simple, le roman nous invite dans l'univers forestier des camps, avec ses moniteurs aux noms singuliers ( C'est ainsi dans les camps de jours également), ses cabanes en bois aux lits superposés et bien sur, aux smores, ces petits sandwichs composés de deux biscuits au gingembre entre lesquels une plaque de chocolat côtoie une guimauve allant du doré au carbonisé selon les goûts. Hyper sucré et indubitablement collant si on le prend mal, mais savoureux un soir de chansons autour d'un feu.
Pour un lectorat intermédiaire à partir du 2e cycle, 8-9 ans+