‘Exit music’ est le dernier polar de Rankin que j’avais lu et chroniqué en … 2016. Déjà je trouvais l’auteur au crépuscule de son art. Je confirme avec ‘Le chant des ténèbres’, édité, dans sa traduction française, en janvier 2021, John Rebus, le personnage fétiche de Ian Rankin, est définitivement à la retraite.
Dans cette histoire qui l’appelle auprès de sa fille dont le compagnon vient de disparaître et d’être assassiné, Ian Rankin convoque bien des protagonistes de ses récits précédents. Mais tous ont vieilli, se sont fanés et ne suscitent plus le même enthousiasme du lecteur pour la recherche de la vérité, même au détriment des convenances et de la hiérarchie. La jeune génération d’enquêteurs n’accepte pas de se laisser bousculer par un vieux crouton qu’elle n’a connu que d’ouï-dire
J’ai longtemps suivi cet auteur. Je ne le ferai probablement plus. Je ne sens pas chez lui la capacité de renouvellement des personnages comme j’ai pu l’apprécier chez Michaël Connelly, par exemple.
L’histoire, complexe à souhait, avec ses villageois qui taisent ce qu’ils savent, vivent encore des relents de guerre, s’épient, se jugent et sèment des fausses pistes à tous vents est, bien sûr acceptable et respecte les lois du genre. Mais avec d’autres personnages, d’autres carrures, d’autres atouts que la seule expérience des années passées dans un dénuement total de moyens pour s’en sortir.
Et, bien sûr, John Rebus sauvera l’honneur de sa fille, trouvera les coupables et pourra retourner chez lui finir son déménagement qui lui a permis de s’installer à un rez-de-chaussée, ses poumons et son cœur fatigués lui interdisant les deux étages à grimper qu’il avait dans son logement initial.
Quand je vous disais que les héros se fatiguent et vieillissent … mal, parfois !