L’histoire, c’est le registre silencieux de ceux qui n’ont pas pu partir, de tous ceux qui n’ont jamais eu le choix
Le récit s’ancre dans l’Irlande contemporaine, (vraisemblablement à Dublin, même si, je crois, la ville n’est jamais mentionnée explicitement). Le pays vient de basculer sous un nouveau régime, dont la nature exacte est un peu floue : si son caractère nationaliste ne fait guère de doute, il n’est pas certain que celui-ci bascule vers une forme de démocrature, ou une forme franchement plus autoritaire.
Pour autant, l’inquiétude plane, s’immisce un peu partout, jusque dans le foyer qui sert d’unité de lieu au roman, celui de d’Eilish, mère d’une famille de 4 enfants qui cherche à saisir les événements tout en protégeant sa famille dans cet univers devenu incertain, à survivre. Eilish est prise dans un tourbillon de pensées qui s’entrechoquent, allant du plus trivial au plus tragique, et semble ne jamais réellement réussir à faire le tri entre l’accessoire et l’essentiel ; mais peut-être, l’accessoire prend une couleur essentielle lorsque tout semble basculer ; conserver un semblant de normalité, de routine est vu comme une forme de résistance, comme un moyen de ne pas se laisser sombrer complètement.