Le monstre, c'est le capitalisme. Il est partout et nulle part à la fois. Alors comment le débusquer pour lui donner le coup de grâce ? C'est à cette question que Le Chomor s'emploie non pas à répondre, mais à donner forme. A travers une myriade de récits empruntant aux principaux genres de la fiction, Martin Mongin dépoussière l'imaginaire du Grand Soir, promis à ceux qui sauront résoudre les énigmes d'une vaste chasse aux trésors inspirée de la traque de la Chouette d'or. Si omnipotent soit-il, frappé en ses points névralgiques, le monstre devrait succomber. Cette prophétie met en mouvement tout ce que la France compte de marginaux et d'antisystèmes. Encore faut-il croire à ses chances face à l'impitoyable appareil sécuritaire qui se déploie en réponse.
Horrifié par les ravages du bulldozer capitaliste totalitaire, Le Chomor pose comme préalable à sa mise en échec la revitalisation des imaginaires contestataires, dans l'espoir qu'ils envahissent et débordent le réel. Parfois un peu gauche et superficiel dans sa manière de saupoudrer son récit de pop-culture (on se passera de Bruce Willis), Martin Mongin compose malgré tout une suite de fables vivifiantes, comme un tir de barrage d'autodéfense littéraire contre le pourrissement de la pensée néolibérale. Pour espérer vaincre le monstre, il faut d'abord purger l'esprit de défaite et le poison du scepticisme qui étouffent l'espoir. En ouvrant grand l'univers des possibles, ce Manuel des joueurs propose le parfait remède.