Le dernier jour d'un condamné est un récit d'une force rare ! L'empathie et l'identification que suscite un tel monologue ne peuvent laisser insensible.
Nous partageons les états d’âme d'un condamné sans avenir ; le questionnement d'un homme en proie à la terreur face au châtiment qui lui est réservé, loin de ceux qu'il aime et qu'il ne peut plus chérir, comptant les jours, les heures, les minutes, les secondes qui le rapprochent de la mort. Nous ressentons ses moments de peur comme ses moments de désespoir, et quand le moment viens pour lui d'être sur l'échafaud et pour nous de finir ce récit bouleversant, c'est comme si nous mourions avec lui. D'une manière percutante et assez perturbante, Hugo nous montre avec brio la réalité de ce spectacle qu'été devenue la peine de mort à son époque.
En tant qu'individu vivant au XXIe siècle dans une société française ayant abolis la peine capitale, je n'ai peut-être pas la même réflexion après avoir lu ce récit que celle d'un individu du début XIXe siècle, mais je pense que nous partageons les mêmes sensations, tellement se livre et le message qu'il essaye de faire passer sont d'une puissance incroyable.
Nombreux furent les pays abolitionnistes (Colombie, Portugal... ) à lui rendre un hommage vibrant pour leur avoir ouvert la voie. La graine était désormais semée et nombreux seront les porte-drapeaux de renom ! En effet, Jaures, Camus, Badinter (qui réussira à en obtenir l'abolition en 1981) s'y opposeront farouchement.