Barjavel est un auteur à l'imagination débridée pour son époque. Il s'aventure régulièrement en territoire futuriste tendance apocalyptique.
A l'instar de "Ravage", il nous narre dans "Le diable l'emporte" comment la folie belliciste des hommes les conduit à l'inéluctable. Il est ici diabolique. Comme à son habitude, il sait installer son décor, soigner sa mise en scène. C'est le quotidien ordinaire des petites gens qui est décrit. Cela permet à l'auteur de creuser l'abîme d'horreur dans lequel ses protagonistes vont plonger. Et comme il est profond !
On peut comprendre qu'au sortir d'un second conflit massivement mortel, Barjavel ait été marqué. C'est vers un troisième conflit mondial que se dirige le monde sous un prétexte fallacieux. L'humanité bénéficie certes des bienfaits de la science moléculaire mais l'utilisation de l'arme atomique à des fins destructrices s'est imprimée dans l'esprit de Barjavel et de ses contemporains.
Le tout est bien amené, monte en puissance, qu'elle soit narrative ou militaire. Malheureusement, l'auteur s'égare un peu en route et certaines digressions s'avèrent un peu ennuyeuses. L'intérêt ressaisit heureusement le lecteur avant la fin et la conclusion se lit sans déplaisir.
Au final, si le diable l'a emporté, l'auteur, lui, n'emporte pas l'adhésion totale du lecteur.