Marie Fabre possède une jolie plume.
Dans le gardien des âmes, elle invite le lecteur a plonger dans un univers d'essence extrême-orientale où les humains vénèrent un dieu unique depuis des millénaire. Celui-ci possède un culte bien implanté et le clergé peut accorder l'ascension à ceux qui se seront montrés suffisamment dévots et, accessoirement, auront largement contribué pécuniairement aux vénérables prêtres. Un gardien leur sera alors accordé, sphère de lumière jaune qui les accompagne et représente la complétude de leur âme.
Lorsque Oïhan, après des années à verser sa dîme au culte, peut enfin prétendre à la cérémonie, son gardien se révèle d'une blancheur immaculée. Il est donc accusé d'hérésie et condamné à mort. Mais ce gardien recèle bien des secrets qui vont bouleverser la face du monde telle que l'appréhende la population.
Joli conte sans prétention, cette histoire destinée à la jeunesse s'avère pleine de fraîcheur et se lit avec un plaisir non dissimulé. Amitié, foi, volonté de se dresser contre l'injustice sont des thèmes qui pourront résonner chez nombre de lecteurs. La notion de divinité dont le pouvoir croît avec le nombre de fidèles n'est pas nouvelle (on a déjà pu la voir, entre autres, dans Lanfeust il y a de nombreuses années) mais elle me séduit toujours autant.
Il se dégage de ce roman un petite touche de naïveté, baume rafraichissant au parfum de fleur de Ruu pour qui n'est encore trop blasé de belles histoires. Celle-ci mérite en tous les cas un petit détour car le récit se lit rapidement.