Après le dégel correspondant à la période passée par Khroutchev à la tête de l'URSS revint le temps du gel avec les années Brejnev. Le roman de Sonallah Ibrahim se situe précisément en 1973 au moment où l'Egypte de Sadate et l'Union soviétique s'éloignent. Le narrateur, boursier du gouvernement égyptien, prépare une thèse de doctorat à Moscou dans le cadre des échanges culturels avec l'Union soviétique et réside à la Maison des étudiants étrangers lesquels sont pour la plupart issus de pays du Tiers-Monde. Dans Le gel, Sonallah Ibrahim a choisi la voie de l'autofiction pour raconter son séjour et la forme est celle du journal de bord où est consigné un quotidien particulièrement répétitif. A vrai dire, il n'y est quasiment jamais question de travail ou d'études. De culture en général et de cinéma, un peu. De politique, davantage, notamment quand éclate la guerre du Kippour. Et l'analyse du mode de vie de l"homo sovieticus" ? Sommaire car plus ou moins réduit à son mode de consommation et à quelques considérations sur le pays, ses queues, ses pénuries et ses écarts sociaux. Ne tournons pas autour du pot, ce qui intéresse au premier chef notre étudiant (35 ans quand même), cet égyptien au pays des Soviets, c'est de flirter et davantage encore avec la gent féminine, qu'elle soit locale ou, comme lui, venue d'autres horizons. Cela nous vaut de nombreuses pages assez prosaïques sur la frustration sexuelle ou sur des expériences insatisfaisantes. Sans oublier les douleurs prostatiques du héros. Des pages dans lesquelles d'ailleurs une certaine misogynie n'est pas point absente. Il y avait dans Le gel matière à une chronique pertinente de l'URSS des temps glaciaires vue par un regard extérieur. Ce que propose le livre de Sonallah Ibrahim est assez loin de remplir cette mission, hélas.

Cinephile-doux
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le 5 janv. 2017

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