Yevgeny Yelchin grandit à Leningrad dans les années 60. Avec ses parents, son frère ainé et sa grand-mère, il vit dans une kommunalka, un appartement que se partage plusieurs familles, sous la surveillance d’un espion qui "épiait, écoutait aux portes, et faisait des rapports sur les autres locataires qu’il transmettait au Comité pour la sécurité de l’État, c’est à dire le KGB" .
Avec l’innocence et la naïveté de l’enfance, Eugene Yelchin pose un regard critique sur la société soviétique dans laquelle il a grandit, pris en étau entre espionnage, antisémitisme et besoin de développer un talent pour espérer gagner en liberté. Jouant sur l’humour et la dérision, il parvient à rendre le récit sensible dans son approche de la dictature.
Avec intelligence, le récit montre que les enfants comprennent parfaitement le monde dans lequel ils vivent, et savent interpréter les silences et mensonges qu’ils entendent en les opposant à ce qu’ils observent. Autobiographique, le roman se révèle un récit intime sur l’enfance de cet auteur qui a su se construire un avenir "radieux" .