Je termine ce roman captivant et un rien angoissant qui a révélé une jeune auteure coréenne de talent. Oghi sort du coma sur son lit d’hôpital, il est paralysé et défiguré, seules ses paupières bougent lui permettant de répondre par oui ou par non. Il apprend qu’il a eu un grave accident de voiture dans lequel sa femme est morte. Sans sa belle-mère pour le recueillir, il serait seul au monde. Sa belle-mère est veuve et ne se remet pas de la perte de sa fille unique. Oghi va vivre une lente descente aux enfers, enfermé dans son corps. Il va vivre l’abandon et subir la négligence que lui impose sa belle-mère, cloué à son lit. Son univers rapetisse pour prendre la taille de la petite chambre dans laquelle il vit. Il ne lui reste que ses souvenirs, ses pensées intimes. Il se souvient de sa femme qui avait trouvé refuge dans les joies de l’entretien de leur jardin. Aujourd’hui le jardin est lui aussi laissé à l’abandon, un jour sa belle-mère décide d’y creuser un trou de plus en plus grand.
Un roman avec peu de personnage et qui évolue vers un huis-clos entre Oghi et sa belle-mère. Peu à peu sa belle-mère fait le vide autour de lui. Par touche à chaque fois plus appuyée, on découvre les ravages que peu causer l’isolement et le manque de soins. Il y a un côté d’une banalité à pleurer, après tout la maltraitance en institution est quelque chose de connue et de répandue. Dans ce couple improbable qu’ils forment tous les deux, on se demande lequel est le plus malheureux, lequel fait souffrir le plus l’autre. La psychologie des personnes est finement présentée. La conception de roman est en cela très bien imaginée. En revanche, je dois avouer être frustrée par la fin proposée par l’auteure. J’aurai certainement souhaité quelque chose de plus tranché et de mon évasif mais au final c’est aussi ce qui fait le charme de ce roman. Bonne lecture.