On ne dort pas à Roulettenbourg.
Les premiers chapitres installent les personnages dans un confort bourgeois assez déplaisant : railleries, dédains, et autre mise à pied inconvenue. Mais à la bascule qu’est le gros baron allemand, Babouschka remue la narration d’une énergie espiègle… ce sera sa fortune convoitée que nous jouerons, au déplaisir de ses hôtes. Et avec Alexeï Ivanovitch, nous embarquerons dans une spirale infernale du jeu d'argent, de la roulette russe, une spirale vertigineuse et perverse, lente et à peine perceptible, mais toujours sous couvert de courage.
On ne dort pas à Roulettenbourg. Les âmes errantes s’y rassemblent et jouent leur vie à tout prix.
Le catéchisme des vertus de l'homme occidental a pour premier commandement qu'il faut savoir acquérir des capitaux. Or le Russe non seulement est incapable d'acquérir des capitaux, mais il les dissipe sans système et d'une manière révoltante. Pourtant, il a besoin d'argent comme tout le monde, et les moyens, comme celui de la roulette, de s'enrichir en deux heures le séduisent.