Octobre 1924. Après le décès de sa mère, morte en donnant naissance à son petit frère, Rose, 17 ans, n’a d’autre choix que d’aller travailler dans une sardinerie à Douarnenez pour aider financièrement son père. C’est là qu’elle rencontre Louise, une femme libre, engagée dans la lutte contre l’injustice et l’exploitation des ouvrières par les patrons des conserveries.
Basé sur des faits historiques, ce roman se compose de deux parties.Dans la première, Sophie Brocas retrace, avec une grande force d’évocation, la genèse et le déroulement de la grève des sardinières de Douarnenez durant l’hiver 1924. On y découvre la vie quotidienne des ouvrières, le rythme infernal des chaînes, leurs espoirs et la solidarité qui les unit.Dans la seconde partie, le roman devient choral : on y suit tour à tour les trajectoires opposées des deux héroïnes. Rose, obéissante et soumise depuis l’enfance, passe de l’autorité de son père à celle de sa belle-mère. Louise, militante républicaine, découvre quant à elle le Paris audacieux, celui de toutes les libertés.
Ce récit féministe raconte l’éveil des femmes, décidées à sortir de l’asservissement auquel les ont condamnées le patron, le père et le mari, avec l’appui de la religion. C’est aussi un livre sur un amour interdit entre deux femmes, sur le désir d’être mère. L’auteur nous entraîne dans la lutte pour le droit de vote des femmes. Au fil des pages, nous croisons également écrivains, peintres et musiciens dont la créativité foisonne dans les salons parisiens de l’époque, où tout semble possible.Deux portraits de femmes brossés avec réalisme, un roman social et intime qui m’a vraiment passionné.