- Un riche rentier et critique littéraire est sauvé alors qu'il dérive en mer par un bateau, le fantôme, et son capitaine Loup Larsen. Ce bateau part pour un long périple au-delà du Japon afin de réaliser une saison de chasse au phoque.
Tout d'abord, il y a l'épopée. Tout ce que la mer et la navigation ont de sublime est parfaitement décrit dans ce livre. Les éléments qui se déchaînent, le bateau qui lutte, l'équipage qui manœuvre en rythme. En tant que passionnée de navigation, ce récit m'a transporté et a fait chavirer mon cœur.
Mais évidemment ceci n'est pas le vrai objectif de ce récit. La mer et la navigation n'en sont que le cadre. En réalité, ce livre a pour unique sujet un affrontement idéologique entre Loup Larsen matérialiste, et le personnage principal Van Weyden, idéaliste. Loup Larsen force Van Weyden a resté sur son bateau en tant que mousse pour "lui apprendre à tenir sur ses deux jambes". Van Weyden est un bourgeois, n'ayant jamais travaillé pour gagner sa vie. Il prône le fait que l'âme est éternelle, il parle de morale absolue. Loup Larsen lui, vivant dans la dureté de sa condition de marin, pense que l'homme vie pour survivre. Qu'il n'y a pas de postérité, que nos actions ont simple fonction d'engendrer soit de meilleures conditions matérielles d'existence soit de moins bonnes. Il n'appréhende pas la vie comme quelque chose de sacré et n'a donc aucun mal à la retirer à autrui si cela lui permet d'améliorer la sienne (Ici, je résume grossièrement.). Il résume donc sa pensée ainsi : la vie agit sur l'humain comme une levure, celui dont le ferment est le plus actif survivra. En soit loup Larsen n'est pas un personnage immoral, mais un personnage amoral. Cet affrontement de courant philosophique, mais aussi cet affrontement de classe sociale se fait grâce à de longues discussions entre nos deux personnages, mais aussi par le biais de divers événements qui jalonnent l'aventure.
J'ai beaucoup aimé. Parfois, j'étais frustré par le côté peut être trop manichéen de la narration. Je n'arrivais pas à voir loup Larsen comme le grand méchant que le narrateur (Van Weyden) me décrivait. Peut-être, car sur le monde des idées, le loup Larsen est parvenu à davantage me convaincre que Van Weyden.