Cette lecture m'a laissé relativement indifférente (même si une ou deux scènes de cul sont spectaculaires). A noter que pour la défense du Mal Joli, j'ai surement un filtre négatif pour commenter cette œuvre, puisque La Maison m'avait vraiment posé problème.
La plume d'Emma Becker est parfois réussie (là où elle est la plus habile, encore une fois, les scènes de sexe), mais ça boursoufle aussi à de nombreux endroits : comme l'impression qu'elle cherche le panache, qu'elle force les traits distinctifs de son style, et ça rend le récit pédant. Comme dans beaucoup d'œuvres d'autofiction (genre que je ne n'aime pas particulièrement), la structure narrative est paresseuse et répétitive : elle se regarde elle-même écrire son livre, et dès lors tu comprends qu'elle ne sait pas où elle va. Ou plutôt qu'on aura droit à une fin convenue, qui tourne autour de la révélation de l'adultère ou de sa fin. Le livre aurait mérité 100 pages de moins.
De plus, je ressens toujours un malaise à lire son auto objectification permanente, son appétit de plaire maladif qu'elle traîne dans chacune de ses pensées, la façon dont elle se dispose aux hommes. Les pages intéressantes sont celles où elle doit composer avec son rôle de mère, et auraient mérité plus de place : elle m'a quand même fait rire aux éclats dans une scène infernale où la sortie de plage se transforme en sacerdoce.
En fait je n'ai pas d'empathie pour Emma Becker, c'est ce qui m'a empêché d'être accrochée par ce texte : on est à des années lumières l'une de l'autre, son amant me semble insipide et le récit qu'elle tisse est geignard et sans pétillance. Pire, j'ai un peu pitié d'elle.