C'est l'histoire d'une jeune trentenaire à qui la vie sourit: elle aime son mari avocat prometteur, son appartement, son Paris, ses collègues et ses clients. Elle aime sa vie. Elle se sent prête à avoir un enfant, son mari est d'accord, elle arrête de prendre la pilule, ils sont heureux. Elle se fait violer et tombe enceinte. Elle devient persuadée que l'enfant qu'elle attend et celui de son violeur. Elle ne veut plus de cet enfant mais comment avorter sans parler de son viol à son mari qui a découvert sa grossesse et se réjouit de l'enfant à venir. Son viol qu'elle tait et qu'elle essaie d'oublier continue de la hanter jusqu'au drame final.
Le style, les personnages et la construction narratives sont très proches de "Chanson Douce" sans pâlir de la comparaison. C'est glauque mais ce n'est pas "gratuit". Cette histoire va permettre à l'auteure de conduire une réflexion sur le corps des femmes que je n'avais jamais lu avant (sauf peut-être chez Virginie Despentes). C'est radical, marginal, parfois choquant. Pourquoi la société permet à l'homme de prendre le contrôle du corps des femmes: de façon brutale (le viol que la femme se sent obligé de taire), de manière insidieuse (en imposant à une femme d'être jolie et de ne jamais se laisser aller) ou plus évidente (en privilégiant toujours la santé de l'enfant à naître avant celle de la mère qui le porte).