Une vision éclairante du comportement humain et économique

Tout comme l'animal marque sont territoire avec ses excrétions, l'homme se comporte en marqueur de territoire. Là aussi il s'agit d'excrétions mais plus sophistiquées car autorisées par nos moyens de production. Il en est ainsi des affichages, de nos décharges et des diverses pollutions que nous laissons derrière nous. A qui viendrait l'idée de se servir d'un linge qu'un autre aurait déjà porté sans l'avoir lavé ? Le lavage rend à ce bien une absence de propriété et sa saleté désigne un propriétaire. Analyse intéressante.

Le philosophe Michel Serre n'est pas qu'une voix si particulière qu'on ne peut qu'écouter, c'est aussi un épistémologue qui s'intéresse au monde qui l'entoure et à son ressenti par l'homme. Cette approche du sale comme moyen d'appropriation est novatrice et m'a permis de réfléchir sur la place de l'homme sur cette si petite planète.

Cependant ce n'est pas ici le lieu d'une attaque écologique de notre société dite du progrès, mais de celle du comportement humain en général. Ainsi la réflexion se porte aussi sur le sang versé lors des batailles ou des sacrifices. Glorieux pour la nation et les religieux, ce sacrifice n'a d'autres buts que de s'approprier la terre qui a reçu ces libations, voire de la sanctifier, ce qui revient finalement à la même chose.

En recourant à l'étymologie, aux sens des racines grecques et latines des mots relevant de la propriété, les choses s'éclairent soudainement. On découvre également qu'on n'est jamais réellement propriétaire de quoi que ce soit. Par exemple, si vous achetez un véhicule où est la visibilité de votre propriété sur ce bien si ce n'est sur une carte grise. Votre véhicule, en revanche porte la marque et le modèle du constructeur. De même, l'immatriculation y montre bien la propriété que l'Etat vous impose sur votre bien.

J'en arrête là de ces quelques remarques car je ne tiens pas à affadir votre lecture en vous révélant tout, mais sachez que les révélations sont nombreuses et subtiles. Fan de science-fiction, je ne puis m'empêcher de faire un petit rapprochement avec l'une des doctrines de « Dune » du regretté Frank Herbert qui était la suivante : « Ce que je peux détruire m'appartient ». Il y a un peu de cela, en un peu moins irrémédiable – quoique - dans ce brillant essai de Michel Serre. On regrettera seulement que cet essai ne comporte que 90 pages – même si parfois le lecteur doit s'accrocher pour suivre - alors qu'on sait Michel Serre plus disert sur les sujets qui le passionnent.
Bobkill
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le 25 déc. 2010

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