À la suite du premier roman que j’avais trouvé plutôt encourageant, cette suite m’a paru nettement plus bancale. On retrouve pourtant ce qui fait la signature de Michael Crichton : un récit à deux niveaux. D’un côté, un discours pédagogique sur la science, l’évolution des espèces, le temps long de la Terre face à la brièveté de l’existence humaine. Crichton en profite pour glisser une critique de l’uniformisation du monde, de la monoculture américaine et de l’illusion d’un système totalement interconnecté. Sur ce point, je reste un peu sceptique. L’être humain cherche presque toujours à se différencier, à recréer des singularités, même au sein de systèmes uniformes. Cela dit, le roman reste intéressant sur ce plan : on a souvent l’impression d’apprendre quelque chose tout en étant diverti, ce qui est assez rare pour être souligné.
De l’autre côté, il y a le récit pur de thriller, et c’est là que le bât blesse. L’intrigue est plus convenue, moins tendue, et surtout beaucoup moins inquiétante que dans le premier tome. On ne ressent jamais réellement le danger, ni pour les personnages ni pour le monde qu’ils explorent. Les situations s’enchaînent sans provoquer cette angoisse sourde qui faisait la force du Monde perdu… enfin, de Jurassic Park. Tout semble plus mécanique, plus attendu.
Le roman se conclut sur une double note un peu paradoxale. D’un côté, un pessimisme assumé : l’humanité jouera probablement un rôle actif dans sa propre extinction et celle de son environnement. De l’autre, une forme de sagesse presque contemplative, invitant à vivre dans le réel, à se reconnecter à la nature, seule chose tangible, et à se méfier d’un excès de théorisation scientifique. Une conclusion qui n’apporte finalement rien de plus que le premier livre.
Au final, ce second volet n’est pas désagréable, parfois même stimulant sur le plan des idées, mais il manque de souffle narratif. Il donne surtout l’impression d’un prolongement inutile. Le premier roman se suffisait à lui-même. Celui-ci, à mes yeux, reste largement dispensable.