Pour sa cinquième édition, le Prix Voix d'Afriques a couronné le premier roman de Pascal Boroto, Le nom de ma mère. Plutôt que de roman, il serait plus juste de parler d'un récit autobiographique d'un journaliste et écrivain de la RDC, digne héritier de sa mère Solange Lusiku, fondatrice d'un journal indépendant à l'est du pays, morte en 2018, et symbole de la lutte pour la vérité et la justice dans un territoire traversé par la violence, la corruption et la famine. Cette mère, Pascal Boroto ne s'est véritablement rendu compte de son courage qu'après sa disparition, en prenant à son tour la plume puis en se rendant dans le nord du Kivu, point névralgique de toutes les violences faites aux femmes, dont il est devenu le rapporteur de toutes les douleurs et des existences souillées par la rage des hommes, à travers ces voix oubliées qu'il ne cesse de vouloir faire entendre. Le nom de ma mère est l'histoire d'un garçon devenu adulte dans cette République dramatique du Congo, continuateur d'un combat sans fin que Solange Lusiku avait initié. Le récit livre une émotion qui va crescendo, avec une pudeur admirable, au chevet de femmes et d'enfants qui souffrent dans leur chair dans l'indifférence d'un monde qui a les yeux braqués sur d'autres guerres plus médiatiques. Un livre à rapprocher de Mukanga - celui qui soigne, pour comprendre et ne surtout pas laisser l'horreur tomber dans l'oubli.

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le 8 mai 2026

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